Fin d’année 2017 et toujours autant de tués entre les mains de policiers, toujours pas de justice…

  • 18 novembre 2017 : Interdiction du rassemblement en hommage à Wissam ( Clermont-Ferrand)

Le 18 novembre, aurait du avoir lieu un rassemblement à Clermont-Ferrand en souvenir et hommage à Wissam El Yamni, tué 6 ans plus tôt lors d’une opération policière. Ce rassemblement organisé par la famille de Wissam et le collectif Justice pour Wissam était autorisé par la municipalité, et avec l’accord de celle-ci, un arbre devait être planté et une stèle érigée. Ce rassemblement a été interdit par la Préfecture du Puy-De-Dôme suite à la pression et la mobilisation de 3 syndicats policiers…

Pour rappel, après plus de cinq ans de procédures, d’expertises et de contre-expertises, l’instruction n’est toujours pas bouclée. Les deux policiers mis en cause dans la mort de Wissam sont passés du statut de mis en examen à celui de témoins assistés en 2015… Cela ne vous rappelle rien?

> Un entretien avec Farid, le frère de Wissam qui revient sur cette interdiction ici.  ( Source : Politis )

> Article en lien à lire : « Pourquoi l’interdiction du rassemblement en hommage à Wissam El Yamni est inquiétante » ( Source : lautrequotidien, 1er décembre 2017 )

> Le Blog Justice pour Wissam à suivre –> http://www.justicepourwissam.com/

  • En revanche, ce même jour, 18 novembre, à Sarcelle, nous apprenons dans les journaux qu’un policier tue 3 personnes avec son arme de service, en blesse trois autres, avant de se donner la mort…

  • Semaine du 20 novembre 2017 : 3 jeunes morts suite à des interventions policières (Source: Révolution Permanente )

    Joail, percuté par un train alors qu’il fuyait un contrôle de police : un nouveau Zyed et Bouna

    Il y a une semaine, le 21 novembre, Joail, 19 ans, aurait été percuté par un TER dans l’agglomération de Vienne (Isère). Il est mort sur le coup. D’après l’avocat, après avoir arrêté le jeune homme sur un quad, les policiers municipaux auraient dégradé l’engin. Quand Joail revient chercher son bien, la police municipale cherche à l’appréhender et commence à lui courir après sans raisons. Evidemment, depuis, même si une information judiciaire a été ouverte, les policiers qui ont poursuivis Joail jusqu’aux abords de la ligne de la TER n’ont jamais été confondus. Les seuls visés par la répression sont les jeunes du quartier de Joail qui ont eu le malheur de laisser exprimer leur haine vis-à-vis de ces meurtres policiers qu’ils connaissent trop. Si les policiers municipaux sont en totale liberté, le Parquet de Vienne n’a dit qu’une chose : « qu’il souhaitait que très forte réquisitions soient prises pour réprimer ces agissements ». Quelques mois de prisons pour des poubelles brûlées, totale liberté pour les policiers incriminés.

24232042_1704008749650088_5755211500697928904_n Justice & Vérité pour Joail

Nicolas, tué par balle au terme d’une course poursuite à Thonon

Même jour que Joail, à 200km de là : Nicolas, 21 ans, du quartier de Collonges à Thonon-les-Bains, est tué dans le dos par balles par la BAC au terme d’une course poursuite. Lui et son frère auraient refusé un énième contrôle d’identité. La police tire sur le véhicule, et tue le jeune originaire du Congo, qui attendait depuis des mois que la procédure pour le passeport aboutisse. Tout le monde dans la cité s’accorde : « ce n’était ni un voyou, ni un terroriste » dénonce sa mère. Encore une fois, la réponse de la police fut immédiate : 50 CRS dans le quartier pour « sécuriser » la ville. Dans ce contexte, l’IGPN a été obligé d’ouvrir une enquête, étant donné le coup de feu létal, tandis que la PJ d’Annecy a lancé une procédure pour tentative d’homicide pour personne dépositaire de l’autorité publique… Face à ces enquêtes, la famille a lancé sur sa page facebook « Justice pour Nico » un appel à témoin pour ne pas laisser les flics imposer leur récit de ce meurtre. Une marche blanche en hommage à Nicolas a eu lieu samedi 02 décembre. Rappelons que son frère Costa le seul à pouvoir témoigner se retrouve incarcéré. Un processus bien connu, pression sur la famille afin d’éviter toute contestation possible.
Solidarité avec la famille de Nicolas.

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Massar, mort asphyxié à Gare du Nord

Le lendemain de ces deux drames précédents, c’est Massar qui décède dans une chambre d’hôpital après 13 jours de coma. Deux semaine avant, à Paris, gare du nord, Massar, 20 ans, se retrouve face à un énième contrôle d’identité. Le jeune homme, surpris en train de vendre de la drogue aurait avalé les pochons de crack en sa possession avant de fuir. Les agents le rattrapent et, plutôt que d’appeler les urgences, les policiers ; disent-ils, « se mettent à plusieurs sur lui pour l’immobiliser et lui faire recracher ». Le jeune homme tombe dans le coma. Le SAMU de Lariboisières, en face de la gare, le prend en charge ; le diagnostic est sans appel : encaphalopathie post-anoxique, c’est à dire des lésions cérébrales importantes dues à un manque d’oxygène. En clair, c’est l’asphyxie qui a causé l’état de coma dont le jeune homme ne se réveillera jamais. Les médecins qui ont retiré les pochons de son organisme n’ont détecté aucune présence de drogue dans le sang. C’est donc les policiers qui l’ont tué, l’écrasant à plusieurs, comme Adama Traoré dans la gendarmerie de Beaumont-sur-Oise.

23755402_404866996595784_3597755637218484523_nUne cagnotte a été mise en ligne sur ce lien en soutien à la famille de Massar pour l’aider à alléger les frais d’obsèques. Justice pour Massar

  • 22 novembre 2017, nouvelle victime des policiers lors de son expulsion [VIOLENCES POLICIÈRES – POLITIQUES MIGRATOIRES]

    « A toi,l’anonyme, à vous qui êtes là  »
    Un homme est mort assassiné ce 22 novembre 2017.
    Etranglé par la police danoise dans un avion Air France, c’est un homme sans nom.
    Mort parce qu’étranger.
    Ce meurtre est l’aboutissement d’un processus bureaucratique et méticuleux de déportation.
    Aussi, les mains gantées des 3 flics qui l’ont étouffé n’arrivent qu’en conclusion d’actes banals et procéduriers résumés dans des noms neutres et neutralisés, dans des sigles : Dublin. CRA « Rendez-vous en préfecture ».
    Des actes, des mots et des expressions racistes, coloniales employées par trop d’ hommes politiques, de journalistes, d’ associatifs.ves.
    Des actes, des mots, des expressions qui préparent les meurtres, les préméditant chaque fois qu’ ils et elles disent, ou sous entendent: « seuil de tolérance », « misère du monde » « intégration » ou « guerre contre le terrorisme. »
    Un homme seul a encore été tué parce qu’il était Sans Papiers.
    Nous demandons que le corps soit rendu à la famille.
    C’était l’ un des nôtres même si nous ne le connaissons pas.
    L’anonymat ne change rien à notre rage.Nous donnerons un sens à cette mort malgré l’absence de nom.
    Pour nous, ce ne sera jamais une statistique fut-elle de « violences policières. »
    Nous avons appris sa mort vendredi dernier, la veille de la tentative d’une déportation d’un autre homme, vers le Soudan cette fois. Certain.es d’ entre nous sont alors parti.es pour l’ aéroport Charles de Gaulle pour l’empêcher avec succès. Ils et elles ont appris qu’un autre homme était déporté à bord du même vol pour le Bangladesh.
    Ils et elles savaient comme tout le monde qu’en France, en Europe, il est parfaitement légal et légitime qu’on frappe, qu’on bâillonne, qu’on étrangle, qu’on drogue les immigré.es qu’on expulse.
    Comme le disent celles et ceux qui souhaitent tuer une seconde fois par des palabres qui taisent la violence des gestes, se «soustraire à une mesure d’éloignement », c’est s’exposer.
    Semira Adamu, Getu Hagos, Abdelhak Goradia, et tant d’autres ont été tué.es parce qu’ils et elles se sont opposé.es en criant,en se débattant. (…)  » Poste en entier ici publié par le Collectif Justice pour Babacar Gueye

Il aura donc fallu 8 ans, 8 ans de combat pour la familleles et ses soutiens, pour que l’Etat Français soit condamné suite à l’avis de la CEDH reconnaissant un « traitement inhumain » dans une affaire de tué lors d’une opération policière…

Sinon, on dirait que pour les autres victimes des pratiques policières, pour les familles qui ne mènent pas le combat judiciaire jusqu’à la CEDH, « circulez il n’y a rien à voir! Séchez vos larmes et bouclez les dossiers avant qu’ils ne provoquent de nouvelles colères… Oubliez vos morts… Ou espérez que nos institutions reconnaissent leurs tords… »

Qu’ils ne comptent pas sur nous pour rester les bras croisés à appeler au calme tant qu’ils continuent de tuer et d’être couverts!

  • Nous n’oublions pas non-plus qu’il y a déjà 1 an, c’était le 23 novembre, Bagui Traoré, 25 ans, et Youssouf Traoré, 19 ans,étaient interpellés spectaculairement au petit matin

    (le premier à l’arrivée sur son lieu de travail, le second chez lui), puis placés en détention provisoire jusqu’à leur procès prévu le 14 décembre. Ces deux frères de Adama étaient en fait accusés par six policie.ère.rs municipaux de l’intégralité des plaintes qu’ils et elles avaient initialement déposées contre X après la dispersion du 17 novembre. ( Le procès a démontré finalement que les deux blessures subies par les forces de l’ordre ce soir-là avaient été auto-infligées : un premier policier a reçu une partie du gaz issu de l’activation malheureuse de l’aérosol, un autre s’est fait mordre par son chien.) Entre temps, le 24 mars, c’est le troisième frère de Adama, Yacouba Traoré qui est envoyé en prison. Il a écopé de dix-huit mois de prison ferme pour un coup de poing donné à un ancien co-détenu d’Adama qui s’était répandu en diffamation contre ce dernier.

Un an et demi après le décès de Adama Traoré, ceux qui l’ont asphyxié ne sont donc toujours pas jugés, ni condamnés. En revanche, deux frères de la victime sont sous les barreaux, et trois nouveaux procès se préparent, chaque fois pour des accusations liées aux suites directes des mensonges et injustices concernant ce meurtre. La famille Traoré fait face également à des milliers d’euros d’amende.

Le plaquage ventral, responsable de trop nombreuses morts (dont celle de Lamine Dieng, écrasé par sept policiers et pour laquelle la cour de cassation a confirmé le non-lieu le 28 juin dernier), est toujours une technique enseignée et pratiquée au quotidien par les forces de l’ordre.

Source: Mediapart : Une affaire d’Etat : l’acharnement continue contre la famille Traoré

Pour soutenir la famille Traoré et son comité,  allez sur le blog –> Justice pour Adama

  • Enfin, nous signalons qu’Antonin Bernanos, le jeune homme accusé dans le cadre de l’affaire « de la voiture brûlée » et qui avait subi des mois d’emprisonnement et un acharnement judiciaire alors qu’aucune preuve sérieuse n’était à charge contre lui, a été une fois de plus brutalement arrêté à son domicile ce lundi 05 décembre sous des prétextes fallacieux. Cette pression est intolérable! Tout notre soutien à sa famille dont le communiqué est trouvable ici sur la page facebook Libérons-les.

 

De quelle justice parle-t-on?

Qui nous protège de la police?

Légitime défiance!

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Rémi, ni oubli ni pardon

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Rémi Fraisse, tué par une grenade offensive tirée par un gendarme la nuit du 25 au 26 octobre en 2014 à Sivens,  où se tenait un rassemblement d’opposants au projet de construction d’un barrage sur un affluent du Tarn. C’était jour pour jour 2 mois après le meurtre de Hocine Bouras à Colmar, tué d’une balle dans la tête par un gendarme alors qu’il était menotté, et en situation de transfert.

Ni oubli, Ni pardon!

En juin dernier, le procureur de Toulouse demandait qu’il soit mis fin, par une décision de non-lieu, à la recherche des responsabilités en cause dans la mort de Rémi…

Non-lieu…Non-lieu…Non-lieu…

Comme un relent d’insultes post-mortem qui revient dans chaque cas d’affaires de personnes tuées par la police…

Une pétition adressée à la ministre de la justice est en ligne sur ce lien –> https://www.change.org/p/justice-pour-remi-fraisse « afin d’empêcher la commission d’un honteux déni de justice et pour que les responsables de la mort de Rémi Fraisse aient à répondre de leur acte et décisions aux conséquences meurtrières devant la juridiction compétente »

Tout notre soutien à la famille, aux proches, et aux personnes mobilisées, pour que cela n’arrive plus. Stop au permis de tuer!

 

Le combat continue!

Fresque réalisée lors du weekend  » Mohamed Ali « du 06 au 08 octobre 2017 à Ivry-sur-Seine22309053_10213273201336136_6219604989029640836_n

Pour continuer de soutenir les collectifs et familles mobilisées contre les meurtres et violences commis par des policiers, faisons tourner les informations et continuons de nous entraider et de soutenir les mobilisations. Restons actifs et actives, et n’oublions pas d’alimenter les cagnottes mises en ligne en attendant de se retrouver dans de prochains événements : 

  • Vérité pour Yacine  Jeune homme de 24 ans, Yacine Ben Kalhal a été retrouvé mort dans une cave le 14 septembre 2017 à Aulnay-Sous-Bois. La famille exige à la Justice les meilleures conditions pour connaître la vérité, et dénonce une enquête bâclée, qui déclare Yacine « mort d’overdose », alors qu’ « Il a été retrouvé face contre terre, pantalon baissé jusqu’aux cuisses. Il a des traces sur le torse, sur le haut des genoux et sur les mains ». La famille de Yacine a porté plainte contre X pour homicide. Deux semaines après les faits, 300 personnes se sont réunies à Aulnay en soutien à la famille, et d’autres rassemblements ont eu lieu devant le Tribunal de Bobigny début octobre. Une cagnotte a aussi été créée :  https://www.leetchi.com/c/solidarite-de-bilel-ben-kahla Une mobilisation est appelée pour le 15 OCTOBRE à 15H devant LE GALION. Courage à la famille!

 

Rappelons que deux des gendarmes impliqués dans la mort de Angelo Garand ont été mis en examen à la fin du mois de septembre grâce à la solidarité qui a déjà permis à la famille de se constituer parties civiles par l’intermédiaire d’un avocat. Nous savons que la procédure ne fait que commencer, elle s’annonce longue et coûteuse.

 

  • Le site officiel du Comité La Vérité pour Adama est maintenant en ligne –> www.justicepouradama.com/  et a mis en place une cagnotte, car rappelons que « la famille Traoré subit un acharnement inédit depuis la mort d’Adama Traoré entre les mains de la gendarmerie. Depuis le 19 juillet 2016, la répression atteint un stade inacceptable pour nous tous. Il y a eu trois frères d’Adama en prison depuis le début de la mobilisation pour la Vérité et la Justice !Parmi eux, deux sont toujours en prison, Bagui Traoré et Yacouba Traoré, ainsi que de nombreux soutiens. Une guerre est déclarée à cette famille, ils ont besoin de vous ! L’objectif de cet acharnement est d’épuiser financièrement le Comité qui est entièrement financé par vos dons. »

 

  • Solidarité avec le collectif Vies Volées. Dix ans après la mort de Lamine Dieng entre les mains de la police, et suite à un non-lieu prononcé en 2014 puis confirmé en 2015, la Cour de cassation vient elle aussi de confirmer le non-lieu. La famille n’a désormais plus aucun recours en France, et envisage de saisir la Cour européenne des droits de l’homme. Ces dix ans de combat et de procédure ainsi que l’organisation de la journée de commémoration des dix ans de la mort de Lamine ont engendré de nombreux frais. Vies volées en appelle à la solidarité de toutes et tous afin d’aider la famille Dieng à y faire face.Un pot commun reste en ligne. En soutien au collectif Vies Volées, l’association Libre Lucha a aussi créé et mis en vente un tchirt disponible sur le site de Bboykonsian.

 

 

  • En Alsace, n’hésitez pas à nous contacter pour continuer de soutenir notre collectif Vérité et Justice pour Hocine Bouras. Nous avons toujours des Tchirt à vendre, ainsi qu’une cagnotte en ligne afin de faire connaître notre combat, aider la famille dans les frais judiciaires engagés, nous permettre d’impulser de nouvelles actions locales, et continuer la mobilisation contre le Permis de Tuer. Nous ne comptons pas rester inactifs et inactives en attendant la réponse de la Cour de Cassation, et continuons d’êtres solidaires des autres collectifs et familles en lutte contre la violence raciste et policière!

Notre détermination reste intacte! Le combat continue!

Curtis

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Vendredi 5 mai, Curtis, 17 ans est décédé en percutant violemment un bus à Antony (Hauts-de-Seine), alors qu’il tentait de fuir un contrôle de la BAC.  Hospitalisé dans un état grave, l’adolescent a succombé à ses blessures dans la nuit. Sa mort a entraîné des échauffourées le vendredi soir même autour du quartier du Grand Ensemble à Massy, où le jeune homme habitait, a rapporté une source policière. Une quarantaine de jeunes ont cassé des vitres, des Abribus et ont mis feu à des poubelles, a-t-elle détaillé. Une section de CRS a été déployée et deux personnes ont été interpellées.

Tandis que la colère gronde, la famille appelle au calme et organise la mobilisation. Un rassemblement aura ainsi lieu dès le dimanche 07 mai à Massy, réunissant des proches et des habitant.e.s du quartier autour de la famille. Ce moment sera encore accompagné de nombreuses provocations policières. Un couvre-feu  a même été instauré pour les mineurs dans les quartiers alentours pour éviter la propagation de nouvelles révoltes. En effet, dès le samedi soir du 13 mai, et pendant les quinze prochaines nuits, tout jeune âgé de moins de 16 ans souhaitant circuler dans le quartier Massy Opéra entre 22 heures et 6 heures du matin devra être accompagné par une personne majeure. Le Mardi 9 mai, les camarades de classe de Curtis ont organisé au Lycée Jean Perrin à Longjumeau avec l’ensemble de l’équipe éducative un émouvant hommage à Curtis, et auquel était présent Assa Traoré. Une Marche Pour Curtis a eu lieu le Dimanche 14 Mai

La famille de Curtis a porté plainte contre X pour homicide involontaire, a annoncé vendredi son avocat. Elle conteste la version de la police qui explique qu’elle avait perdu de vue le jeune homme sans casque lorsque le malheureux a percuté un bus au terme d’une course-poursuite. «Certains témoins présents dans la rue ou dans le bus affirment (…) que le véhicule de la BAC aurait touché ou percuté» le quad de l’adolescent «quelques secondes avant l’accident», écrivent les plaignants, via leur avocat Yassine Bouzrou.

«En tout état de cause, (…) le véhicule de la BAC était toujours à la poursuite du jeune homme et roulait à vive allure juste derrière lui», ajoutent-ils, soupçonnant «une faute des policiers».

RAPPEL APPEL A TÉMOIN : URGENT NOUS DEMANDONS A TOUTE PERSONNE AYANT ASSISTÉ A L’ACCIDENT DE SE MANIFESTER VIA LE MAIL.
Veritepourcurtis@gmail.com

Lien de la Cagnotte pour les obséques de Curtis
https://www.leetchi.com/c/obseques-de-curtis-robertin

 

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Weekend du 07-08 avril 2017, de Colmar/Strasbourg à Marseille et Paris : Justice pour tous!

Le Collectif Vérité et Justice pour Hocine Bouras sera présent à Marseille et Paris ce weekend, pour continuer de soutenir et de participer aux dynamiques de luttes locales contre les violences racistes, policières et judiciaires, et apporter son soutien aux autres familles de victimes et aux persecuté.e.s mobilisées. De belles soirées en perspective avec concerts de soutien! Pour les personnes de Marseille, Paris et alentours, soyez présent.e.s, relayez bien l’information!

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(Si vous n’avez pas la chance d’être à Marseille ce vendredi, mais que vous voulez comme nous apporter de la solidarité au Combat Pour Morad, aidez-nous à faire diffuser le film Les coups de leurs privilèges en Alsace qui parle notamment de la lutte pour Morad Touat, tué à Marseille, mais aussi de celle pour Wissam El Yamni, à Clermont-Ferrand. N’hésitez pas à faire la demande directement aux cinémas de vos villes, et de nous tenir informé.e.s si une projection-rencontre peut enfin se faire dans notre région ces prochains temps. Nous nous tenons à disposition pour que cet événement puisse se faire bientôt. Merci)

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Justice pour tous
Journée de rencontres et de solidarité

Discussion / 16h
Créer des solidarités et se défendre face à la police et la justice. Venez discuter avec le comité justice pour Adama, des habitants de Villiers-le-Bel, le comité de vigilance contre les violences policières à Pantin et d’autres familles et comités.

Concert / 19h30
Tino L’insulaire
Sitou Koudadjé
Première Ligne (Skalpel, E.One & Akye)
Mokless et Ahmed koma scred connexion officiel (Scred Connexion)

Ouverture des portes à 15H
Prix libre (tous les bénéfices seront reversés à des familles)
Restauration, buvette et tables de presse et d’information sur place
CNT / 33 rue des Vignoles 75020 Paris (Métro : Buzenval ou Avron)

Artwork : Helios Figuerola Garcia

En 2011 après des années de procédure, les frères Kamara étaient condamnés à 12 et 15 ans de prison pour « tentative d’homicide » contre des policiers. Ils payent le prix d’une vengeance d’État qui s’est déchaînée après les révoltes de 2007 à Villiers-le-Bel. Des révoltes qui faisaient suite à la mort de Lakhamy Samoura et Moushin Sehhouli, parechoqués par une voiture de police le 25 novembre 2007.
Il y a quelques semaines, on apprenait la mise en examen de Bagui Traoré pour « tentative d’assassinat », lui aussi contre des policiers. Bagui Traoré se battait depuis le 19 juillet 2016 pour rétablir la vérité et obtenir la justice pour son frère Adama Traoré, tué par des gendarmes. Sa mise en examen s’inscrit dans la série de harcèlements policiers, judiciaires et politiques qui visent la famille Traoré et les habitants de Beaumont-sur-Oise.
S’organiser pour la vérité et la justice c’est s’exposer à l’acharnement,aux procès pour l’exemple, à la peine de voir des familles déchirées. S’organiser est aussi une affaire quotidienne, avant que le pire n’arrive, comme le montre l’exemple du comité de vigilance contre les violences policières à Pantin, constitué après une série d’épisodes de violences policières subis par la famille Kraiker. Depuis, cette famille et plus généralement les habitants de l’îlot 27 doivent faire face au harcèlement quotidien de la police et tentent de trouver des réponses quotidiennes pour y mettre fin.
S’organiser c’est avant tout s’organiser localement mais c’est aussi échanger des expériences, créer des solidarités.

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Pour rappel : le Collectif Angles Morts milite autour des questions de la justice, de l’enfermement et des méthodes policières. Ce collectif soutient les familles de victimes de crimes policiers depuis plusieurs années, et a notamment écrit en mars 2016 un article « Justice pour Hocine » sur l’affaire de Hocine Bouras et le combat mené par sa famille depuis Colmar, mais aussi Le « bâtiment de la mort » – Vérité et Justice pour Morad ! Le Collectif Angles Morts a aussi coordonné le livre Permis de Tuer et écrit Vengeance d’Etat – VILLIERS-LE-BEL : DES RÉVOLTES AUX PROCÈS.

 

Bilan de la marche pour la justice et la dignité du 19 mars à Paris par la famille Bouras et le Collectif Vérité et Justice pour Hocine Bouras

Nous avons été plusieurs milliers à marcher le dimanche 19 mars dans les rues de Paris pour la Justice et la Dignité / contre les violences policières.

Pour nous famille Bouras et pour le Collectif Vérité et Justice pour Hocine Bouras, il était important de participer à cette manifestation, en dépit des désaccords politiques impactant l’organisation comme le déroulement de l’événement. En effet, il s’agissait de se retrouver avec les familles de victimes et personnes engagées contre les violences policières et se donner les moyens de renforcer cette lutte.

Cette marche a suscité débats et critiques, sans réponse politique, notamment sur la pertinence d’une nième marche,  de la part des organisateurs.trices comme de la plupart de ses défenseur.e.s.  En effet, ces dernier.e.s ont préféré balayer d’un revers de la main toutes les critiques en se réfugiant derrière une rhétorique consistant à assimiler celles-ci à des insultes faites aux familles.

En tant que famille, en tant que collectif, il est aujourd’hui de notre responsabilité de ne pas laisser parler en notre nom. C’est pourquoi nous rendons public notre bilan sur notre participation à  cet événement.

L’organisation de la marche

Il semblait normal qu’une famille de victime de crimes policiers et qu’un Collectif Vérité et Justice soit légitime à participer à l’organisation d’une marche faite au nom des familles de victimes de crimes policiers.

Cependant, alors même qu’en décembre 2016 la famille Bouras signait l’appel à la Marche et intégrait le cercle des familles au nom desquelles la manifestation était appelée, les organisateurs.trices avaient d’ores et déjà choisi leurs interlocuteurs.trices locaux sur la base d’affinités politiques : des militant.e.s du PIR local , le Front Antiraciste Alsacien, et du NPA.

La famille Bouras n’ayant donc pas le « privilège des contacts parisiens », c’est un groupe de militant.e.s politiques strasbourgeois qui a été désigné comme organisateurs de la mobilisation locale de la marche au travers d’un Collectif du 19 mars spécialement créé pour l’occasion.

Ainsi à aucun moment nous n’avons été considérés comme des organisateurs de la marche mais individuellement, la famille et une des membres du collectif, ont été « invité » à participer au meeting d’appel à la Marche du 11 mars à Strasbourg.

Toute la stratégie de l’organisation a consisté à tenter de nous obliger, dans une logique de « chantage à l’unité », à travailler localement sous la direction du collectif 19 mars local, désigné nationalement qui trouvait par la même occasion le moyen de se rapprocher du Collectif Vérité et Justice pour Hocine Bouras dont il avait été exclu. N’acceptant pas ce chantage nous nous sommes retrouvé.e.s écarté.e.s de fait de l’organisation de la marche.

Pour clarifier ce point il nous faut expliciter le contexte local de la lutte contre les violences policières, contexte qui, soulignons-le n’est pas inconnu des organisateurs parisiens de la marche.

Il y a quelques mois, des militant.e.s locaux et particulièrement ceux du Front Antiraciste Alsacien (organisation locale émanant du PIR) ont réussi par leurs méthodes inacceptables à être bannis du Collectif par la famille Bouras et les membres du Collectif. Les raisons de leur exclusion sont nombreuses: tentant initialement d’approcher la famille en cachant leurs appartenances politiques, en menant une stratégie politicienne de déligitimation des autres membres du collectif, mais également par leur agressivité constante même envers la famille, ils ont créé un climat d’hostilité interne. Ces militant.e.s ont réussi à mettre en péril les actions du Collectif Vérité et Justice pour Hocine Bouras. Le point d’orgue de ces tensions a été atteint lorsque, suite à l’évènement de sensibilisation à l’affaire Bouras organisé à Colmar le 4 septembre 2016, une militante locale du Front Antiraciste Alsacien ( alors membre du Collectif) a méprisé publiquement l’évènement et a déversé sur les réseaux sociaux un flot d’insultes envers certain.e.s membres du collectif. La famille ne pouvant plus supporter que son combat devienne le terrain de règlement de compte politique aux fins d’une légitimation de partis politiques (PIR, NPA, Front Antiraciste Alsacien, Ensemble…), elle a décidé de s’éloigner de ces organisations afin de se concentrer sur un travail local. Ces différends ne sont pas sans conséquence car ils ont empêchés toute mobilisation de contestation lors de l’annonce du non lieu émis par la Cour d’appel de Colmar le 8 septembre 2016. Et c’est ce qui fait, que nous famille Bouras, avec le collectif, nous ne pouvions plus travailler avec des personnes qui se moquaient de nos luttes et de leurs formes, au point de saboter notre mobilisation locale. Nous avons accusé le non-lieu en privé, alors que l’enjeu de notre lutte est de sortir du silence.

En parallèle, ce sont différents acteurs.trices organisateurs.trices de la Marche qui nous ont menti, et exhorté.e.s à collaborer avec ceux-là même qui par leur condescendance, leur mépris étaient devenus localement les fossoyeurs de notre autonomie politique. En effet, la famille et des membres de notre collectif ont subi à plusieurs reprises des pressions de la part de certain.e.s de ces organisateurs.trices. La palme de la récupération politique revient à cet organisateur de la marche qui n’a connu aucune limite dans ces tentatives de manipulation. Il est impossible de ne pas en parler, au vu des évènements, impossible pour nous de laisser ces personnes continuer à agir de la sorte dans l’ombre avec l’assurance que leur méthodes crasses ne seront jamais révélées au nom d’une soi-disant unité dans le milieu de l’antiracisme et des luttes contre les crimes policiers. En effet, cet organisateur ne pouvant simplement se contenter de contacter le collectif afin de faire valoir son point de vue sur la situation locale, est allé jusqu’à prêcher le faux pour obtenir satisfaction. Que dire de quelqu’un qui appelle certains membres de notre collectif pour expliquer que Louisa, la sœur de Hocine Bouras, a donné son accord pour travailler avec le Collectif local autoproclamé du 19 mars, et qui dans le même temps soutient la même chose à Louisa concernant certain.e.s membres de notre collectif. Nous nous sommes retrouvé.e.s face à des gens qui ne connaissaient aucune limite dans leur mépris de nos décisions collectives, et notamment dans notre refus catégorique de travailler sous la direction de partis politiques.

Malgré cela, nous nous sommes organisés pour la marche: mobilisation locale, montée d’un bus à Paris, collecte de fonds à ce dessein, en parallèle de l’impératif prioritaire pour nous en Alsace de financer la poursuite judiciaire de l’affaire en cassation. Nous avons enchainé les événements, afin de remplir un bus qui est venu grossir les rangs de la Marche.

A la veille de la manifestation, a été diffusé un mail rédigé par l’un des organisateurs  détaillant les modalités pratiques organisationnelles : sécurité, acheminement des bus, organisation du cortège. Ce mail, nous l’avons eu par l’intermédiaire d’une organisation nationale existant à Strasbourg, dont nous avons été tributaires, car le message n’a visiblement pas trouvé le chemin du Collectif Vérité et Justice pour Hocine Bouras.

La marche du 19 mars

Le jour de la marche, malgré la pression appliquée sur nos membres, et malgré les mensonges visant à nous diviser, la famille Bouras, le Collectif Vérité et Justice pour Hocine Bouras, et des dizaines d’Alsacien.ne.s se sont présenté.e.s pour la Marche. La famille, s’est vue de manière autoritaire refuser l’accès au cortège de tête parce qu’accompagnée de son collectif, condition inscrite dans le mail dont nous n’avions pas été les destinataires. Cette injonction a été adressée à Louisa, sœur de Hocine Bouras, par le même organisateur cité plus haut. Par la suite, nous avons réalisé qu’aucun temps de parole n’avait été prévu pour la famille Bouras, signataire de la Marche. Fatiha, la mère d’Hocine Bouras a pu finalement prendre la parole dans un climat hostile, en remerciant le hasard le plus total qui lui aura permis de parler au nom de son fils. Notre but n’étant pas de polémiquer nous n’étalerons pas ici les conditions de cette intervention qui mérite une discussion avec les intéressé.e.s.

A l’issue de la Marche, à côté de la scène des concerts, un stand proposait des t-shirt aux noms de nombreuses victimes de crimes policiers. Nous avons demandé à poser les t-shirts de notre collectif, afin que l’argent de la vente serve aux frais de justice engagé par la famille Bouras, chose qui nous a été catégoriquement refusée avec l’argument que seuls les t-shirts des organisateurs y étaient proposés (quels organisateurs ?). C’est à ce moment que la famille Bouras et les militant.e.s de notre collectif ont découvert que des t-shirt au nom de Hocine avaient été imprimés et étaient vendus par les organisateurs. Une fois de plus nous avons été révulsé.e.s de constater que le nom de Hocine Bouras était utilisé à l’insu de la famille, et que des fonds étaient collectés en son nom, fonds dont aujourd’hui encore nous ne connaissons pas l’usage. Ce dont nous sommes sûrs par contre, c’est que cette collecte faite au nom des familles n’est venue ni nous aider à la mobilisation locale et notamment à la montée en bus à Paris, ni nous aider à financer notre procédure en Cour de Cassation.

C’est donc avec la confirmation logique des méthodes précédant la marche que nous avons repris le chemin de Colmar et Strasbourg.

Après la Marche 

Après la manifestation, nous avons pris connaissance d’une réunion de bilan proposée par les organisateurs.trices parisien.ne.s de la Marche, toujours par voie indirecte. Sur le mail de notre collectif, sur son Facebook, pas de trace d’une volonté de travail conjoint. Aujourd’hui, une seconde réunion de bilan est organisée, à laquelle nous ne sommes toujours pas convié.e.s. Ainsi, le nom de Hocine Bouras et notre Collectif Vérité et Justice n’auront servi que d’outils de légitimation politique pour les organisateurs de la marche.

Finalement, nous avons pu constater à Paris le même contexte qu’à Strasbourg et Colmar, celui de la récupération des familles en tant qu’outil de légitimation par des organisations et partis, au profit d’une logique institutionnelle de rabattage de partis de gauche aux positions indéfendables (un discours complaisant et déresponsabilisant envers la structure policière, une considération du racisme individualisante et non pas structurelle, l’islamophobie reléguée au second rang…).

En effet, ceux.celles-là mêmes qui se sont réjoui.e.s publiquement de la présence des « partis de gauche », qui d’ailleurs ont représenté une part conséquente du cortège, sont les mêmes que nous n’avons pas entendus se réjouir de notre présence, sont les mêmes qui n’ont exprimé aucune auto-critique quant à l’organisation de l’évènement pour peut-être expliquer l’absence volontaire ou involontaire de certaines familles de victimes de crimes policiers. La présence des familles du Collectif Urgence Notre Police Assassine est devenue dans le discours de beaucoup la « caution famille » de la marche. En disant cela nous n’avons nullement l’intention d’insulter UNPA, mais seulement de clarifier la rhétorique politique de certain.e.s consistant à parler au nom de toutes les familles. Nous n’oublions pas la présence d’Urgence Notre Police Assassine à nos côtés dès le début de la lutte de la famille Bouras.

Débats ou Polémiques ?

En tant que famille signataire de la Marche du 19 mars et en tant que Collectif Vérité et Justice pour Hocine Bouras, nous tenons à nous exprimer publiquement au sujet du texte de critiques publié par le Collectif Vies Volées.

Avant toutes choses, nous ne nous sommes pas senti.e.s insulté.e.s par ce texte qui au contraire a rendu explicites un certains nombres de situations et problèmes que nous avons vécu aussi bien localement dans notre lutte au quotidien que durant l’organisation et le déroulement de la marche du  19 mars.

Ce que nous déplorons par contre, c’est l’absence de réponse politique de la part des organisateurs.trices de la marche et des partis et organisations politiques critiqués dans le texte. C’est cette absence de réponse politique au profit de commentaires haineux, méprisants et rhétoriques qui a transformé ce qui aurait pu être un débat fructueux dans la lutte contre le racisme structurel et les violences policières en une polémique imposant à chacun.e de choisir « son camp » et cela au détriment de questions fondamentales traversant nos luttes.

Ainsi notre objectif ici, rappelons-le, n’est pas de nourrir la polémique mais d’appuyer la nécessité de mettre collectivement à plat les problématiques gangrénant nos luttes. Il est de notre responsabilité de ne pas enterrer ces débats afin de ne pas, une fois de plus, se voir confisquer notre parole, quand bien même cela serait le résultat des politiques menés par nos « allié.e.s politiques ».

A ceux.celles qui expliquent que les critiques de la marche sont les ennemi.e.s des familles, nous répondons en tant que famille de victimes qu’il.elle.s ne doivent pas oublier qu’il.elle.s ne représentent personne d’autre qu’eux.elles-mêmes.

La réussite médiatique de la marche du 19 mars ne peut être considérée comme une victoire politique alors même que par la confiscation de la parole de nombres de familles, cette marche a représenté la défaite de notre autonomie politique. Cette confiscation a été avant toute chose le produit des méthodes de certain.e.s organisateur.trice.s de la marche à commencer par celles du PIR et avec la complicité volontaire ou involontaire des autres organisateurs.

Pour répondre à l’avance aux polémiques malhonnêtes de certains qui nous accuseront de faire de la critique du PIR une obsession, nous avançons que notre seule obsession est celle de notre autonomie et que nous critiquerons quiconque, ami.e.s ou ennemi.e.s, qui deviendront volontairement ou non un outil de confiscation de nos luttes, en parlant en notre nom, et en déclarant parler au nom de toutes les victimes du racisme structurel ou de toutes les familles de victimes de violences policières. La critique de la gauche traditionnelle a bon dos lorsque l’on reproduit soi-même les méthodes paternalistes de ces derniers.

Nous croyons en une autonomie qui se construit au quotidien sur le terrain de nos luttes. Aucunes envolées rhétoriques sur la définition théorique du « terrain » de lutte ne sauraient résister à cette réalité sociale : les premières victimes de violences policières restent les jeunes non-blancs de quartiers populaires. Ainsi le terrain de nos luttes contre ces violences commence par le « ter-ter » de nos quartiers, n’en déplaise à certain.e.s. A Colmar et à Strasbourg il n’y a certes pas de RER, comme nous pouvons le lire dans certains commentaires ironiques sur les réseaux sociaux, mais il y a des quartiers populaires dans lesquels jamais nous n’avons la chance de rencontrer les militants du PIR trop occupés à leurs activités conférencières de centre-ville.

Conclusion

Ce qui est fait pour moi, sans moi, est fait contre moi.

Nous ne sommes pas dupes quant à la ligne politique des organisateur.e.s lorsque d’un côté des familles de victimes sont écartées alors que de l’autre les post officiels de la Marche parlent « d’amour (révolutionnaire) » ou encore de « 1er pas vers la paix ».  Manifestement la promotion des concepts du dernier livre de Houria Bouteldja passe avant la parole des premiers concernés au nom peut-être d’une autonomie politique que nous ne saurions arracher par nos propres luttes.

Victoire politique ou coup de pub médiatique ?

La marche du 19 mars ne peut être considérée comme une victoire que par le PIR qui a réussi, avec des méthodes d’entrismes classiques empruntées à une gauche traditionnelle, à imposer sa ligne politique paternaliste à cet évènement. Nous ne nous contenterons pas d’une victoire médiatique clamée ici et là alors que nous accusons une défaite politique qui nous interpelle sur le décalage entre la centralité de notre lutte contre les violences policières au quotidien et la relative réussite d’une marche qui a instrumentalisée et confisquée la parole de famille de victimes comme nous.

Un rapport de force reste à construire

Nous nous adressons ici à toutes les familles de victimes de crimes policiers, et en particulier à toutes celles qui, de par leur refus de se laisser instrumentaliser, se sont retrouvés exclues ou ont décidé de ne pas participer à la marche. A l’heure où nous déplorons la mort de Shaoyo Liu, tué moins d’une semaine après la marche du 19 mars par un policier de la BAC, il est plus qu’urgent de construire notre unité. Pas une unité au service de la ligne politique de tel ou tel parti, pas une unité qui oublie nos luttes locales, mais une unité dont les critères seront définis par nous-même, pour nous-même.

Dans cet esprit collectif, la Marche nous a malgré tout permis de retrouver et rencontrer familles et manifestant.e.s, mobilisé.e.s contre les violences et crimes policiers, acteurs.trices de terrain revendiquant l’autonomie politique des luttes des quartiers populaires et la lutte contre le racisme et l’islamophobie, de créer et renforcer des liens primordiaux pour cette lutte, et de constater et d’apprécier la mobilisation auprès de divers groupes et individu.e.s engagé.e.s.

Nous nous adressons donc à toutes ces personnes qui, avec leur sincérité et leur détermination, ont répondu à ce qu’elles pensaient être un appel à l’unité, ainsi qu’à ceux qui n’ont pas pu, ou pas voulu répondre.

Notre Collectif se fixe aujourd’hui pour objectif de contribuer activement au développement d’un réseau par et pour les familles, et la Marche du 19 mars, avec les diverses problématiques qu’elle a mis en lumière, ne fait qu’accroître notre détermination.

Rassemblement pour Shaoyo Liu vendredi 29 mars à 18h30 – Strasbourg

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Rassemblement pour Shaoyo Liu vendredi 29 mars à 18h30 – Strasbourg

Encore un tué de la logique sécuritaire et du racisme d’Etat,
jusqu’à combien?
Le Collectif Vérité et Justice pour Hocine Bouras souhaite aujourd’hui partager son sentiment d’horreur et d’injustice à la suite de l’assassinat par balle de Shaoyo Liu, la nuit du 25 mars 2017 à Paris commis par des agents de la BAC en civil. Nous appelons à Strasbourg à un rassemblement de solidarité avec la famille endeuillée de Shaoyo Liu et son quartier mobilisé ce vendredi 31 mars 2017 Place Kléber.
Nous connaissons par coeur la chanson répétitive des médias reprenant la version policière, et l’issue judiciaire de ce type d’affaire : Criminalisation de la victime, et répression de la colère légitime – Légitime défense pour les policiers – Non-lieu. Circulez il n’y a rien à voir qu’un fait divers, ou au mieux une simple possibililité de « bavure policière » insinueront peutêtre d’autres…

Après Zyed et Bouna, Ali, Lamine, Amine, Morad, Lahoucine, Wissam, Hocine, Babacar, Adama, et tant d’autres, le meurtre de Shaoyo Liu est le dernier en date d’une longue lignée de crimes racistes et policiers commis en France, qui se dénombrent à plus d’une dizaine par an. Il nous confirme malheureusement l’urgence de l’organisation face à un racisme qui est structurel et sa police meurtrière, elle-même protégée par une justice complice.

Cet événement nous remet face au récent passage de la loi d’élargissement de la légitime défense pour les policiers, qui confirme et accentue en l’institutionnalisant un pouvoir de tuer en toute impunité pour les personnes chargées de « notre sécurité ».

Il est important de se montrer uni.e.s face à cette violence systémique, venez nombreux.ses et déterminé.e.s pour combattre la répression impitoyable et assassine qui a causé à son domicile et sous les yeux de ses enfants la mort de Shaoyo Liu .


C’est pourquoi nous appelons à un rassemblement de soutien et de solidarité avec la famille Liu, pour que s’arrête cette hoggra policière, ce vendredi 31 mars à 18h30 Place Kléber à Strasbourg. 

PAS DE JUSTICE PAS DE PAIX!

On n’oublie pas Hocine Bouras, tué le 26 août 2014 entre Strasbourg et Colmar d’une balle dans la tête par un gendarme, et les non-lieux qui ont suivis, comme dans tant d’autres affaires connues ou restées dans l’anonymat. Il faut que ça cesse! Les quartiers ne sont pas des stands de tirs! Stop au racisme et au permis de tuer des forces de l’ordre!

L’événement facebook à partager au max –> https://www.facebook.com/events/317286792019383/
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 Solidarité de Strasbourg avec la famille de Shaoyo Liu, et son quartier mobilisé!
Solidarité contre la repression!