Images du concert de soutien pour la famille de Hocine à Strasbourg 30 juin 2018

 

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http://lenvolee.net/

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Un mot de Fatiha, la maman de Hocine : « Une mère ne baisse pas les bras. quand sagie de son fils qui était tué injustement mennottes d’une balle en plain la tête 🤕 sur l’autoroute allah yahmek mon fils le combat continu »

Communiqué d’après-concert de l’AFA Strasbourg : « Le sourire d’une mère qui ne lâche pas le combat : celle de Hocine!

Il y a des artistes qui mériteraient des salles pleines, mais qui viennent dans l’ombre épauler des peines, et partager de manière chantante, des rages et luttes vivantes : contre le Permis de Tuer, la société de consommation, carcérale et sécuritaire toujours raciste et individualiste!

Merci aux soutiens présent.e.s et investi.e.s à nos côtés dans cette dernière soirée de l’été au CAJ Molodoï, et surtout aux artistes qui ne lâchent pas la famille et ont assuré le concert en venant de Serbie, de Colmar, Nancy, et Lyon ainsi que de la Zad du Moulin.

Hommage à Hocine
Hommage à toutes les victimes
#PasDeJusticePasDePaix »

* * *

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Quelques jours après ce concert…

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Nantes, le Breil, 5 juillet.
Page de soutien facebook –> Vérité et justice pour Aboubakar
–> Cagnotte de soutien pour les frais d’obsèques à la famille de Aboubakar Fofona <–
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Concert de soutien à Strasbourg le 30 juin 2018

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La famille de Hocine Bouras se pourvoit actuellement à la Cour Européenne des Droits de l’Homme après avoir essuyé successivement des Non-lieux durant ces dernières années ( le dernier à la Cour de Cassation rendu en janvier de cette année) Elle continue de rassembler des fonds financiers pour couvrir les frais d’avocats qui restent élevés et pressants. Au sujet de la CEDH, voir l’article posté sur ce blog qui revient sur l’actualité de cette instance concernant les meurtres datant de 2008 commis par des policiers / gendarmes : « Verdicts de la CEDH 10 ans après…«
Le 26 août 2018, cela fera déjà exactement 4 années que Hocine a perdu la vie… Nous ne l’oublions pas, et le nombre de tué.e.s par les policiers et gendarmes qui continue de s’allonger depuis cet événement, comme les répressions envers des personnes proches de victimes et /ou investies sur ces questions continue de nourrir de la rage au milieu du chagrin.
« Des crimes policiers, aux bavures policières, il faut que ça cesse! « 
Le combat est loin d’être terminé, et nous comptons rester solidaires auprès des autres familles et collectifs en lutte pour la Vérité et la Justice malgré les distances géographiques qui rendent parfois ce soutien difficile. Nous voulons continuer de partager de la force et du sourire dans les rencontres.

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Verdicts de la CEDH 10 ans après…

Juin 2018 : La CEDH condamne la France pour les meurtres commis par ses policiers et gendarmes dans 2 affaires datant de 2008. Il aura fallu 10 années de combat acharné et coûteux pour qu’une instance officielle les reconnaisse…

21 juin 2018 : Argenteuil- Mort d’Ali Ziri : La France condamnée par la Cour européenne des droits de l’homme

La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a condamné ce jeudi 21 juin la France pour « négligence » dans le décès de cet Algérien de 69 ans, mort en 2009 à la suite d’une interpellation policière. 

L’Etat devra verser 30 000 € « pour dommage moral », auxquels s’ajoutent 7 500 € « pour frais et dépens » à la fille d’Ali Ziri, Annissa Semache. C’est elle qui avait saisi la CEDH en juin 2016.

Le sexagénaire avait été interpellé le 9 juin 2009, à bord d’un véhicule conduit par un ami. Les deux hommes, alcoolisés, avaient été placés en garde à vue au commissariat d’Argenteuil. Ali Ziri tombera dans le coma et décédera deux jours plus tard, à l’hôpital.

Alors qu’une première autopsie avait imputé son décès à des problèmes cardiaques et à l’alcoolémie, une contre-expertise avait révélé la présence de plus de vingt hématomes, dont certains larges de 17 cm.

Nadir Dendoune in Le Courrier de l’Atlas]

Argenteuil, 21 juin 2018.

Communiqué de presse du Collectif Vérité et Justice pour Ali Ziri.

Un Algérien de 69 ans, tué par la police française à Argenteuil en 2009.

La Cour Européenne des Droits de l’Homme condamne la France, 9 ans après.

L’arrêt de la CEDH publié le 21 juin 2018, condamne l’Etat Français pour « négligence » dans la mort de Monsieur Ali Ziri, suite à son interpellation par la Police Nationale à Argenteuil, le 9 juin 2009. Cette condamnation est une victoire de notre combat pour la justice, actant l’évidence de la responsabilité policière dans le processus mortel de Monsieur Ziri, que beaucoup considèrent comme un lynchage.

La Cour Européenne condamne « l’attitude générale et le comportement des policiers », du commissariat d’Argenteuil, et déclare que « l’article 2 de la Convention européenne des droits de l’homme (qui garantit le droit à la vie) a été violé », ce qui acte en langage courant, que les policiers ont causé la mort de Monsieur Ziri par le pliage asphyxiant subi pendant de longues minutes dans le véhicule de police, alors qu’il était menotté dans le dos, et ensuite par son abandon sur le sol du commissariat. Rappelons qu’interpellé à 20h 35, il ne fut emmené à l’hôpital qu’après 22 h., et constaté en arrêt cardiaque à 22h. 45 par un médecin, alors que les 2 policiers qui l’accompagnaient « n’ayant pas de connaissances médicales pouvaient penser qu’il dormait ».

La Cour Européenne inflige un désaveu cinglant à la justice française qui par 4 non-lieux successifs a couvert cette « négligence » de la vie de Monsieur Ziri. Elle relève que « le juge d’instruction n’a pas lui-même réalisé les actes d’enquête, confiant les interrogatoires des agents en cause et des témoins à l’IGPN ». En effet les juges n’ont entendu ni les policiers interpellateurs, ni les témoins, ils n’ont pas visionné la video de l’arrivée au commissariat, pas non plus organisé de reconstitution !

Pour la famille et Collectif Vérité et Justice pour Ali Ziri, le verdict de Cour Européenne est une réparation après les années de déni de justice de la France. Cependant il n’éteint ni la souffrance, ni l’indignation profonde, ni le sentiment de révolte, que des vies puissent être « négligées » en France, en l’occurrence celle d’un « chibani », comme le sont aux Etats-Unis celles « qui ne comptent pas ».

Le combat continue contre le racisme, pour une société juste, fraternelle, de droits égaux pour tous et toutes, avec l’ensemble des collectifs de défense des victimes de violences policières et toutes « les petites gens », qui n’ont pas « lâché l’affaire », face aux empêchements des gouvernants successifs pour l’étouffer.

 

Tir mortel d’un gendarme en 2008 : la France condamnée

La Cour européenne des droits de l’homme considère que l’auteur des faits aurait dû être poursuivi par la justice.

LE MONDE |  • Mis à jour le  |Par Jean-Baptiste Jacquin

(…) « La Cour de Strasbourg juge que la France a violé l’article 2, sur « le droit à la vie », de la Convention européenne des droits de l’homme en affirmant que le recours à la force n’était pas « absolument nécessaire pour procéder à une arrestation régulière ». Elle condamne le gouvernement à verser 30 000 euros à chacun des deux parents de la victime au titre du préjudice moral.

Dans son arrêt du 7 juin, très détaillé, la Cour européenne ne nie pas les difficultés d’intervention des forces de sécurité lorsqu’il s’agit d’interpeller des personnes dans de telles circonstances, de nuit, avec une voiture qui fait des manœuvres dangereuses. Mais elle répond point par point aux arguments de Paris qui avaient emporté la conviction des juridictions françaises. « Un vrai camouflet pour la chambre criminelle de la Cour de cassation », commente Alain Monod, l’avocat de la famille.

Pas d’« absolue nécessité »

Les juges de Strasbourg relèvent d’abord que les deux derniers tirs du gendarme (dont l’un a été le coup mortel) ont été exécutés alors que la voiture était tellement éloignée que « les chances de toucher le moteur ou les pneus pour stopper le véhicule étaient pratiquement inexistantes » et que, par conséquent, « le risque était grand de blesser ou tuer certains occupants de la voiture ». Or le gendarme savait que la voiture comptait deux passagers, par définition non responsables des manœuvres du conducteur.

Pour examiner la légitimité du recours au feu, la CEDH intègre dans son raisonnement l’estimation de la dangerosité des occupants du véhicule. Or, ils « étaient soupçonnés d’atteintes aux biens et non d’atteintes aux personnes », et « il n’est aucunement allégué » qu’ils étaient armés, lit-on dans la décision. De plus, au moment du tir mortel, ni la vie ou l’intégrité physique du gendarme ni celles de ses collègues ou d’une autre personne ne « se trouvaient en péril ».

La Cour des droits de l’homme conclut que l’usage par le gendarme de son arme ne répondait pas à « une absolue nécessité » et n’était pas fait « de manière strictement proportionnée ». Elle se réjouit d’ailleurs dans sa décision de voir que ces deux critères centraux de sa jurisprudence ont été inscrits depuis dans le droit français. La loi du 28 février 2017 « relative à la sécurité publique » comporte un chapitre sur l’harmonisation des règles de l’usage d’une arme en situation de légitime défense par les policiers et les gendarmes. Il y est notamment écrit qu’ils ne peuvent faire usage de leur arme dans l’exercice de leurs fonctions qu’en cas « d’absolue nécessité et de manière strictement proportionnée ». » ( Article du journal Le Monde en intégralité ici ) *

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L’homme dont il est question dans cet article s’appelait Naguib Toubache, il avait 19 ans…  Respect pour sa famille et les soutiens qui n’ont pas lâché le combat avec l’Association Justice Pour Naguib durant les 10 dernières années qui viennent de s’écouler, de 2008 à 2018 ( Un autre article qui revient sur ces années de mobilisation est disponible ici). Cette nouvelle est importante pour nous, et pour les familles de victimes tuées par la main de l’Etat via sa police et/ou ses gendarmes. Aujourd’hui, la famille de Hocine Bouras mène elle aussi le combat à la CEDH après avoir essuyé les Non-lieux successifs rendus par la Justice ces dernières années.

Laissez-nous vous raconter une autre histoire arrivée quelques mois avant la mort de Naguib. En mai 2008, Joseph Guerdner, faisant partie de la communauté des Gens du Voyage, se trouve en garde-à-vue à la gendarmerie de Draguignan. Alors qu’il était menotté, ce dernier saute d’une fenêtre  à 4.60 m du sol avant de s’enfuir. Un gendarme lui tire dessus à plusieurs reprises, l’atteignant de trois balles dont une mortelle au thorax. Dans cette histoire encore, l’appareil judiciaire délivre des successions de non-lieux. La famille reste mobilisée et mène le combat de manière acharnée. La maman de Joseph observera même une grève de la faim. Le 17 avril 2014, la CEDH condamne la France : d’autres possibilités d’actions s’offraient aux gendarmes, et entravé comme il l’était, « Joseph ne pouvait représenter de menace immédiate pour la vie ou l’intégrité physique » de qui que ce soit.

Pourtant 4 mois après l’annonce de ce verdict, Hocine Bouras était tué d’une balle dans la tête par un gendarme alors qu’il se trouvait lui aussi menotté et en situation de transfert… ** Et quelques mois après la mort de Joseph Guerdner, Ali Ziri, 69 ans, décédait après avoir passé des heures  en garde-à-vue menotté, après avoir essuyé des coups et subi une technique d’immobilisation appelée le « pliage », tout cela à la suite d’un banal contrôle routier… Successions de Non-lieux, dont le dernier en date du 16 février 2016. La famille avec le Collectif Vérité et Justice pour Ali Ziri se pourvoit aussi actuellement en CEDH et avait dernièrement organisé le 09 juin 2018 un hommage pour la 9e année de commémoration à Argenteuil sur le lieu de l’interpellation. [MAJ : La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a condamné ce jeudi 21 juin la France pour « négligence » dans le décès de cet Algérien de 69 ans, mort en 2009 à la suite d’une interpellation policière. ]

Il y a des vérités qui doivent être dites et/ou rappelées, il y a des combats qui doivent continuer d’être menés et soutenus, il y a des noms et des histoires qu’il ne faudrait pas oublier pour ne pas voir encore la liste des victimes du bras armé de l’Etat s’allonger au nom de l’ « Ordre » et de la « Sécurité ». Aujourd’hui encore, en France comme ailleurs, il y a des vies volées par le corps policier. Nous voulons que cela s’arrête. Nous partageons des deuils et des colères, mais aussi de la force et du courage, car il en faut dans ces épreuves provoquées par la perte d’un proche, surtout dans ces conditions de déni des responsabilités de la part des autorités en uniforme et des institutions qui les encadrent. Une chose est sure, nous ne voulons plus taire ni laisser faire des pratiques policières et des politiques racistes et meurtrières.

Hocine Bouras, Ali Ziri, et tous les autres, ni oubli, ni pardon!

Pas de Justice, pas de paix!

* Précisons que le gendarme qui a tué Naguib Toubache n’a jamais été condamné, mais que les deux autres personnes qui étaient dans le véhicule avec Naguib, dont le conducteur, ont étés condamnés à trois ans de prison pour vol de carburant et délit de fuite… Énième illustration d’une Justice à deux vitesse.

** Voir l’article « Les forces de l’ordre peuvent-elles tirer sur un fuyard? » écrit par G. Moréas publié le 04 septembre 2014 dans le journal Le Monde, quelques jours après le drame.

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Marche des Solidarités – 17 mars 2018 – Paris

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Samedi 17 mars à Paris, plusieurs milliers de personnes ont manifesté de la place de l’Opéra à celle de la Bataille-de-Stalingrad lors de la « Marche des Solidarités » contre le racisme d’Etat et ses conséquences. Il y faisait froid, et il fallait s’armer de courage pour braver la tempête de neige et l’humidité glacée pour participer à ce grand rassemblement. Du courage, les personnes présentes n’en manquent pas, car c’est toute l’année et au quotidien qu’elles subissent et combattent ce pourquoi elles se sont rassemblées ce jour-là. On y retrouvait les familles de victimes des meurtres commis par des policiers et gendarmes, ainsi que de nombreux autres collectifs luttant contre les politiques discriminatoires, la fanfare invisible et autres.

La maman de Hocine Bouras était également présente dans le cortège, (comme c’est le cas depuis 2015 et 2016 ) à l’occasion de cette journée internationale contre les violences policières. Des militant.e.s de Strasbourg et alentours l’ont accompagnée en arborant avec elle tout au long du cortège la banderole : « Vérité et Justice pour Hocine Bouras ». Elle a pu prendre la parole sur le village des Associations pour parler de son combat qu’elle mène aujourd’hui à la Cour Européenne des Droits de l’Homme suite au non-lieu délivré en janvier de cette année par la Cour de Cassation pour le gendarme ayant tué son fils d’une balle dans la tête, Hocine Bouras. Nous rappelons que Hocine avait 23 ans au moment des faits, il était menotté dans le dos et en situation de transfert vers le Tribunal de Colmar quand le gendarme volontaire l’a abattu sur le bord de l’autoroute A35. Elle va avoir besoin de soutien pour les temps à venir, notamment du soutien financier pour couvrir les nouveau frais judiciaires à venir, car rien n’est gratuit, surtout pas la Justice…

Une marche en hommage à Marielle Franco a également rejoint cette marche des Solidarités.

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Vous trouverez un compte-rendu de cette marche écrit par Fumigenes.mag sur ce lien –> http://www.fumigene.org/2018/03/18/marche-des-solidarites/

Et une émission de radio qui donne la parole aux organisateur.trice.s de cette marche : https://quartierslibres.wordpress.com/2018/04/04/emission-radio-quartiers-libres-retour-sur-la-marche-de-solidarites/

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Dans le même temps, des manifestations contre les violences policières et le racisme se sont déroulées dans plusieurs villes de France ( comme à Marseille par exemple ) mais surtout dans près de soixante-dix villes dans toute l’Europe.

  • 15 mars 2018 : Mam M’Baye Diaye, vendeur à la sauvette de 35 ans décédé à la suite d’une course-poursuite avec la police municipale. Quelques centaines de manifestants en colère s’étaient rassemblés et ont invectivé les forces de l’ordre déployées aux cris de « police assassine ».

Retour sur la soirée de solidarité contre les répressions à Mulhouse

Merci au Front Social de Mulhouse ( Front Social 68) de nous avoir invité à la soirée de Concert de solidarité contre les répressions qui a eu lieu vendredi 26 janvier 2018, c’était un moment qui nous a permis de faire de nombreuses rencontres, de vendre nos sandwichs, t-chirt et des livres 100 Portraits contre l’Etat policier (éditions Syllepse) afin de continuer à financer notre lutte pour la mémoire de Hocine et contre le Permis de Tuer des forces de l’ordre en uniforme! C’était un beau moment qui a rassemblé du monde, et durant lequel la maman de Hocine a pu s’exprimer sur la scène et accorder un entretien avec la radio locale de Mulhouse Radio MNE. Merci du soutien!

Nous sommes également soulagés d’avoir appris le jour-même la relaxe pour la belle sœur de Mehdi quant aux slogans ( « Tout le monde déteste la police » « La police assassine » « Justice pour Adama et Mehdi ») pour lesquels elle avait été mise en examen suite à une manifestation.

Une pensée aussi pour le collectif Justice pour Wissam à Riom le lendemain qui a organisé un concert de solidarité avec le groupe La Rumeur. De belles énergies et dynamiques! ça fait vraiment plaisir! Nous comptons organiser une rencontre pour le mois de mai sur Colmar en hommage à Hocine et pour continuer notre combat, car non, la Cour de Cassation et la Justice n’aura pas raison de notre détermination. Toutes les aides seront les bienvenues! En attendant, on se retrouve le 17 mars à Paris! Restez au aguets de l’actualité! A bientôt!

Un lien vers une vidéo faite en début de soirée avec les interventions de Mickaël Wamen, Gaël Quirantes, et Fatiha Bouras, la maman de Hocine et membre du Collectif Vérité et Justice pour Hocine.

4 ans après

26231845_2020798781504587_5148808126121174103_nRejet du pourvoi en Cour de Cassation tombé il y a une heure pour la famille Bouras et ses proches…
Les soutiens au Gendarme de l’A35 sont « merveilleusement bien » apparemment… L’indécence ne les tuera pas, c’est sure…

Tout le soutien à la famille Bouras qui essuie un enième Non-lieu aujourd’hui, suite au meurtre par balle de Hocine Bouras par le gendarme qui l’emmenait au Tribunal le 26 août 2014 entre Strasbourg et Colmar.

Apprendre dans la même soirée le Non-lieu en faveur du gendarme qui a tué Rémi, et le non-lieu en faveur de celui qui a tué Hocine… L’un tué d’une grenade offensive, l’autre tué d’une balle alors qu’il était menotté…

 

Bilan de la marche pour la justice et la dignité du 19 mars à Paris par la famille Bouras et le Collectif Vérité et Justice pour Hocine Bouras

Nous avons été plusieurs milliers à marcher le dimanche 19 mars dans les rues de Paris pour la Justice et la Dignité / contre les violences policières.

Pour nous famille Bouras et pour le Collectif Vérité et Justice pour Hocine Bouras, il était important de participer à cette manifestation, en dépit des désaccords politiques impactant l’organisation comme le déroulement de l’événement. En effet, il s’agissait de se retrouver avec les familles de victimes et personnes engagées contre les violences policières et se donner les moyens de renforcer cette lutte.

Cette marche a suscité débats et critiques, sans réponse politique, notamment sur la pertinence d’une nième marche,  de la part des organisateurs.trices comme de la plupart de ses défenseur.e.s.  En effet, ces dernier.e.s ont préféré balayer d’un revers de la main toutes les critiques en se réfugiant derrière une rhétorique consistant à assimiler celles-ci à des insultes faites aux familles.

En tant que famille, en tant que collectif, il est aujourd’hui de notre responsabilité de ne pas laisser parler en notre nom. C’est pourquoi nous rendons public notre bilan sur notre participation à  cet événement.

L’organisation de la marche

Il semblait normal qu’une famille de victime de crimes policiers et qu’un Collectif Vérité et Justice soit légitime à participer à l’organisation d’une marche faite au nom des familles de victimes de crimes policiers.

Cependant, alors même qu’en décembre 2016 la famille Bouras signait l’appel à la Marche et intégrait le cercle des familles au nom desquelles la manifestation était appelée, les organisateurs.trices avaient d’ores et déjà choisi leurs interlocuteurs.trices locaux sur la base d’affinités politiques : des militant.e.s du PIR local , le Front Antiraciste Alsacien, et du NPA.

La famille Bouras n’ayant donc pas le « privilège des contacts parisiens », c’est un groupe de militant.e.s politiques strasbourgeois qui a été désigné comme organisateurs de la mobilisation locale de la marche au travers d’un Collectif du 19 mars spécialement créé pour l’occasion.

Ainsi à aucun moment nous n’avons été considérés comme des organisateurs de la marche mais individuellement, la famille et une des membres du collectif, ont été « invité » à participer au meeting d’appel à la Marche du 11 mars à Strasbourg.

Toute la stratégie de l’organisation a consisté à tenter de nous obliger, dans une logique de « chantage à l’unité », à travailler localement sous la direction du collectif 19 mars local, désigné nationalement qui trouvait par la même occasion le moyen de se rapprocher du Collectif Vérité et Justice pour Hocine Bouras dont il avait été exclu. N’acceptant pas ce chantage nous nous sommes retrouvé.e.s écarté.e.s de fait de l’organisation de la marche.

Pour clarifier ce point il nous faut expliciter le contexte local de la lutte contre les violences policières, contexte qui, soulignons-le n’est pas inconnu des organisateurs parisiens de la marche.

Il y a quelques mois, des militant.e.s locaux et particulièrement ceux du Front Antiraciste Alsacien (organisation locale émanant du PIR) ont réussi par leurs méthodes inacceptables à être bannis du Collectif par la famille Bouras et les membres du Collectif. Les raisons de leur exclusion sont nombreuses: tentant initialement d’approcher la famille en cachant leurs appartenances politiques, en menant une stratégie politicienne de déligitimation des autres membres du collectif, mais également par leur agressivité constante même envers la famille, ils ont créé un climat d’hostilité interne. Ces militant.e.s ont réussi à mettre en péril les actions du Collectif Vérité et Justice pour Hocine Bouras. Le point d’orgue de ces tensions a été atteint lorsque, suite à l’évènement de sensibilisation à l’affaire Bouras organisé à Colmar le 4 septembre 2016, une militante locale du Front Antiraciste Alsacien ( alors membre du Collectif) a méprisé publiquement l’évènement et a déversé sur les réseaux sociaux un flot d’insultes envers certain.e.s membres du collectif. La famille ne pouvant plus supporter que son combat devienne le terrain de règlement de compte politique aux fins d’une légitimation de partis politiques (PIR, NPA, Front Antiraciste Alsacien, Ensemble…), elle a décidé de s’éloigner de ces organisations afin de se concentrer sur un travail local. Ces différends ne sont pas sans conséquence car ils ont empêchés toute mobilisation de contestation lors de l’annonce du non lieu émis par la Cour d’appel de Colmar le 8 septembre 2016. Et c’est ce qui fait, que nous famille Bouras, avec le collectif, nous ne pouvions plus travailler avec des personnes qui se moquaient de nos luttes et de leurs formes, au point de saboter notre mobilisation locale. Nous avons accusé le non-lieu en privé, alors que l’enjeu de notre lutte est de sortir du silence.

En parallèle, ce sont différents acteurs.trices organisateurs.trices de la Marche qui nous ont menti, et exhorté.e.s à collaborer avec ceux-là même qui par leur condescendance, leur mépris étaient devenus localement les fossoyeurs de notre autonomie politique. En effet, la famille et des membres de notre collectif ont subi à plusieurs reprises des pressions de la part de certain.e.s de ces organisateurs.trices. La palme de la récupération politique revient à cet organisateur de la marche qui n’a connu aucune limite dans ces tentatives de manipulation. Il est impossible de ne pas en parler, au vu des évènements, impossible pour nous de laisser ces personnes continuer à agir de la sorte dans l’ombre avec l’assurance que leur méthodes crasses ne seront jamais révélées au nom d’une soi-disant unité dans le milieu de l’antiracisme et des luttes contre les crimes policiers. En effet, cet organisateur ne pouvant simplement se contenter de contacter le collectif afin de faire valoir son point de vue sur la situation locale, est allé jusqu’à prêcher le faux pour obtenir satisfaction. Que dire de quelqu’un qui appelle certains membres de notre collectif pour expliquer que Louisa, la sœur de Hocine Bouras, a donné son accord pour travailler avec le Collectif local autoproclamé du 19 mars, et qui dans le même temps soutient la même chose à Louisa concernant certain.e.s membres de notre collectif. Nous nous sommes retrouvé.e.s face à des gens qui ne connaissaient aucune limite dans leur mépris de nos décisions collectives, et notamment dans notre refus catégorique de travailler sous la direction de partis politiques.

Malgré cela, nous nous sommes organisés pour la marche: mobilisation locale, montée d’un bus à Paris, collecte de fonds à ce dessein, en parallèle de l’impératif prioritaire pour nous en Alsace de financer la poursuite judiciaire de l’affaire en cassation. Nous avons enchainé les événements, afin de remplir un bus qui est venu grossir les rangs de la Marche.

A la veille de la manifestation, a été diffusé un mail rédigé par l’un des organisateurs  détaillant les modalités pratiques organisationnelles : sécurité, acheminement des bus, organisation du cortège. Ce mail, nous l’avons eu par l’intermédiaire d’une organisation nationale existant à Strasbourg, dont nous avons été tributaires, car le message n’a visiblement pas trouvé le chemin du Collectif Vérité et Justice pour Hocine Bouras.

La marche du 19 mars

Le jour de la marche, malgré la pression appliquée sur nos membres, et malgré les mensonges visant à nous diviser, la famille Bouras, le Collectif Vérité et Justice pour Hocine Bouras, et des dizaines d’Alsacien.ne.s se sont présenté.e.s pour la Marche. La famille, s’est vue de manière autoritaire refuser l’accès au cortège de tête parce qu’accompagnée de son collectif, condition inscrite dans le mail dont nous n’avions pas été les destinataires. Cette injonction a été adressée à Louisa, sœur de Hocine Bouras, par le même organisateur cité plus haut. Par la suite, nous avons réalisé qu’aucun temps de parole n’avait été prévu pour la famille Bouras, signataire de la Marche. Fatiha, la mère d’Hocine Bouras a pu finalement prendre la parole dans un climat hostile, en remerciant le hasard le plus total qui lui aura permis de parler au nom de son fils. Notre but n’étant pas de polémiquer nous n’étalerons pas ici les conditions de cette intervention qui mérite une discussion avec les intéressé.e.s.

A l’issue de la Marche, à côté de la scène des concerts, un stand proposait des t-shirt aux noms de nombreuses victimes de crimes policiers. Nous avons demandé à poser les t-shirts de notre collectif, afin que l’argent de la vente serve aux frais de justice engagé par la famille Bouras, chose qui nous a été catégoriquement refusée avec l’argument que seuls les t-shirts des organisateurs y étaient proposés (quels organisateurs ?). C’est à ce moment que la famille Bouras et les militant.e.s de notre collectif ont découvert que des t-shirt au nom de Hocine avaient été imprimés et étaient vendus par les organisateurs. Une fois de plus nous avons été révulsé.e.s de constater que le nom de Hocine Bouras était utilisé à l’insu de la famille, et que des fonds étaient collectés en son nom, fonds dont aujourd’hui encore nous ne connaissons pas l’usage. Ce dont nous sommes sûrs par contre, c’est que cette collecte faite au nom des familles n’est venue ni nous aider à la mobilisation locale et notamment à la montée en bus à Paris, ni nous aider à financer notre procédure en Cour de Cassation.

C’est donc avec la confirmation logique des méthodes précédant la marche que nous avons repris le chemin de Colmar et Strasbourg.

Après la Marche 

Après la manifestation, nous avons pris connaissance d’une réunion de bilan proposée par les organisateurs.trices parisien.ne.s de la Marche, toujours par voie indirecte. Sur le mail de notre collectif, sur son Facebook, pas de trace d’une volonté de travail conjoint. Aujourd’hui, une seconde réunion de bilan est organisée, à laquelle nous ne sommes toujours pas convié.e.s. Ainsi, le nom de Hocine Bouras et notre Collectif Vérité et Justice n’auront servi que d’outils de légitimation politique pour les organisateurs de la marche.

Finalement, nous avons pu constater à Paris le même contexte qu’à Strasbourg et Colmar, celui de la récupération des familles en tant qu’outil de légitimation par des organisations et partis, au profit d’une logique institutionnelle de rabattage de partis de gauche aux positions indéfendables (un discours complaisant et déresponsabilisant envers la structure policière, une considération du racisme individualisante et non pas structurelle, l’islamophobie reléguée au second rang…).

En effet, ceux.celles-là mêmes qui se sont réjoui.e.s publiquement de la présence des « partis de gauche », qui d’ailleurs ont représenté une part conséquente du cortège, sont les mêmes que nous n’avons pas entendus se réjouir de notre présence, sont les mêmes qui n’ont exprimé aucune auto-critique quant à l’organisation de l’évènement pour peut-être expliquer l’absence volontaire ou involontaire de certaines familles de victimes de crimes policiers. La présence des familles du Collectif Urgence Notre Police Assassine est devenue dans le discours de beaucoup la « caution famille » de la marche. En disant cela nous n’avons nullement l’intention d’insulter UNPA, mais seulement de clarifier la rhétorique politique de certain.e.s consistant à parler au nom de toutes les familles. Nous n’oublions pas la présence d’Urgence Notre Police Assassine à nos côtés dès le début de la lutte de la famille Bouras.

Débats ou Polémiques ?

En tant que famille signataire de la Marche du 19 mars et en tant que Collectif Vérité et Justice pour Hocine Bouras, nous tenons à nous exprimer publiquement au sujet du texte de critiques publié par le Collectif Vies Volées.

Avant toutes choses, nous ne nous sommes pas senti.e.s insulté.e.s par ce texte qui au contraire a rendu explicites un certains nombres de situations et problèmes que nous avons vécu aussi bien localement dans notre lutte au quotidien que durant l’organisation et le déroulement de la marche du  19 mars.

Ce que nous déplorons par contre, c’est l’absence de réponse politique de la part des organisateurs.trices de la marche et des partis et organisations politiques critiqués dans le texte. C’est cette absence de réponse politique au profit de commentaires haineux, méprisants et rhétoriques qui a transformé ce qui aurait pu être un débat fructueux dans la lutte contre le racisme structurel et les violences policières en une polémique imposant à chacun.e de choisir « son camp » et cela au détriment de questions fondamentales traversant nos luttes.

Ainsi notre objectif ici, rappelons-le, n’est pas de nourrir la polémique mais d’appuyer la nécessité de mettre collectivement à plat les problématiques gangrénant nos luttes. Il est de notre responsabilité de ne pas enterrer ces débats afin de ne pas, une fois de plus, se voir confisquer notre parole, quand bien même cela serait le résultat des politiques menés par nos « allié.e.s politiques ».

A ceux.celles qui expliquent que les critiques de la marche sont les ennemi.e.s des familles, nous répondons en tant que famille de victimes qu’il.elle.s ne doivent pas oublier qu’il.elle.s ne représentent personne d’autre qu’eux.elles-mêmes.

La réussite médiatique de la marche du 19 mars ne peut être considérée comme une victoire politique alors même que par la confiscation de la parole de nombres de familles, cette marche a représenté la défaite de notre autonomie politique. Cette confiscation a été avant toute chose le produit des méthodes de certain.e.s organisateur.trice.s de la marche à commencer par celles du PIR et avec la complicité volontaire ou involontaire des autres organisateurs.

Pour répondre à l’avance aux polémiques malhonnêtes de certains qui nous accuseront de faire de la critique du PIR une obsession, nous avançons que notre seule obsession est celle de notre autonomie et que nous critiquerons quiconque, ami.e.s ou ennemi.e.s, qui deviendront volontairement ou non un outil de confiscation de nos luttes, en parlant en notre nom, et en déclarant parler au nom de toutes les victimes du racisme structurel ou de toutes les familles de victimes de violences policières. La critique de la gauche traditionnelle a bon dos lorsque l’on reproduit soi-même les méthodes paternalistes de ces derniers.

Nous croyons en une autonomie qui se construit au quotidien sur le terrain de nos luttes. Aucunes envolées rhétoriques sur la définition théorique du « terrain » de lutte ne sauraient résister à cette réalité sociale : les premières victimes de violences policières restent les jeunes non-blancs de quartiers populaires. Ainsi le terrain de nos luttes contre ces violences commence par le « ter-ter » de nos quartiers, n’en déplaise à certain.e.s. A Colmar et à Strasbourg il n’y a certes pas de RER, comme nous pouvons le lire dans certains commentaires ironiques sur les réseaux sociaux, mais il y a des quartiers populaires dans lesquels jamais nous n’avons la chance de rencontrer les militants du PIR trop occupés à leurs activités conférencières de centre-ville.

Conclusion

Ce qui est fait pour moi, sans moi, est fait contre moi.

Nous ne sommes pas dupes quant à la ligne politique des organisateur.e.s lorsque d’un côté des familles de victimes sont écartées alors que de l’autre les post officiels de la Marche parlent « d’amour (révolutionnaire) » ou encore de « 1er pas vers la paix ».  Manifestement la promotion des concepts du dernier livre de Houria Bouteldja passe avant la parole des premiers concernés au nom peut-être d’une autonomie politique que nous ne saurions arracher par nos propres luttes.

Victoire politique ou coup de pub médiatique ?

La marche du 19 mars ne peut être considérée comme une victoire que par le PIR qui a réussi, avec des méthodes d’entrismes classiques empruntées à une gauche traditionnelle, à imposer sa ligne politique paternaliste à cet évènement. Nous ne nous contenterons pas d’une victoire médiatique clamée ici et là alors que nous accusons une défaite politique qui nous interpelle sur le décalage entre la centralité de notre lutte contre les violences policières au quotidien et la relative réussite d’une marche qui a instrumentalisée et confisquée la parole de famille de victimes comme nous.

Un rapport de force reste à construire

Nous nous adressons ici à toutes les familles de victimes de crimes policiers, et en particulier à toutes celles qui, de par leur refus de se laisser instrumentaliser, se sont retrouvés exclues ou ont décidé de ne pas participer à la marche. A l’heure où nous déplorons la mort de Shaoyo Liu, tué moins d’une semaine après la marche du 19 mars par un policier de la BAC, il est plus qu’urgent de construire notre unité. Pas une unité au service de la ligne politique de tel ou tel parti, pas une unité qui oublie nos luttes locales, mais une unité dont les critères seront définis par nous-même, pour nous-même.

Dans cet esprit collectif, la Marche nous a malgré tout permis de retrouver et rencontrer familles et manifestant.e.s, mobilisé.e.s contre les violences et crimes policiers, acteurs.trices de terrain revendiquant l’autonomie politique des luttes des quartiers populaires et la lutte contre le racisme et l’islamophobie, de créer et renforcer des liens primordiaux pour cette lutte, et de constater et d’apprécier la mobilisation auprès de divers groupes et individu.e.s engagé.e.s.

Nous nous adressons donc à toutes ces personnes qui, avec leur sincérité et leur détermination, ont répondu à ce qu’elles pensaient être un appel à l’unité, ainsi qu’à ceux qui n’ont pas pu, ou pas voulu répondre.

Notre Collectif se fixe aujourd’hui pour objectif de contribuer activement au développement d’un réseau par et pour les familles, et la Marche du 19 mars, avec les diverses problématiques qu’elle a mis en lumière, ne fait qu’accroître notre détermination.