Fin d’année 2017 et toujours autant de tués entre les mains de policiers, toujours pas de justice…

  • 18 novembre 2017 : Interdiction du rassemblement en hommage à Wissam ( Clermont-Ferrand)

Le 18 novembre, aurait du avoir lieu un rassemblement à Clermont-Ferrand en souvenir et hommage à Wissam El Yamni, tué 6 ans plus tôt lors d’une opération policière. Ce rassemblement organisé par la famille de Wissam et le collectif Justice pour Wissam était autorisé par la municipalité, et avec l’accord de celle-ci, un arbre devait être planté et une stèle érigée. Ce rassemblement a été interdit par la Préfecture du Puy-De-Dôme suite à la pression et la mobilisation de 3 syndicats policiers…

Pour rappel, après plus de cinq ans de procédures, d’expertises et de contre-expertises, l’instruction n’est toujours pas bouclée. Les deux policiers mis en cause dans la mort de Wissam sont passés du statut de mis en examen à celui de témoins assistés en 2015… Cela ne vous rappelle rien?

> Un entretien avec Farid, le frère de Wissam qui revient sur cette interdiction ici.  ( Source : Politis )

> Article en lien à lire : « Pourquoi l’interdiction du rassemblement en hommage à Wissam El Yamni est inquiétante » ( Source : lautrequotidien, 1er décembre 2017 )

> Le Blog Justice pour Wissam à suivre –> http://www.justicepourwissam.com/

  • En revanche, ce même jour, 18 novembre, à Sarcelle, nous apprenons dans les journaux qu’un policier tue 3 personnes avec son arme de service, en blesse trois autres, avant de se donner la mort…

  • Semaine du 20 novembre 2017 : 3 jeunes morts suite à des interventions policières (Source: Révolution Permanente )

    Joail, percuté par un train alors qu’il fuyait un contrôle de police : un nouveau Zyed et Bouna

    Il y a une semaine, le 21 novembre, Joail, 19 ans, aurait été percuté par un TER dans l’agglomération de Vienne (Isère). Il est mort sur le coup. D’après l’avocat, après avoir arrêté le jeune homme sur un quad, les policiers municipaux auraient dégradé l’engin. Quand Joail revient chercher son bien, la police municipale cherche à l’appréhender et commence à lui courir après sans raisons. Evidemment, depuis, même si une information judiciaire a été ouverte, les policiers qui ont poursuivis Joail jusqu’aux abords de la ligne de la TER n’ont jamais été confondus. Les seuls visés par la répression sont les jeunes du quartier de Joail qui ont eu le malheur de laisser exprimer leur haine vis-à-vis de ces meurtres policiers qu’ils connaissent trop. Si les policiers municipaux sont en totale liberté, le Parquet de Vienne n’a dit qu’une chose : « qu’il souhaitait que très forte réquisitions soient prises pour réprimer ces agissements ». Quelques mois de prisons pour des poubelles brûlées, totale liberté pour les policiers incriminés.

24232042_1704008749650088_5755211500697928904_n Justice & Vérité pour Joail

Nicolas, tué par balle au terme d’une course poursuite à Thonon

Même jour que Joail, à 200km de là : Nicolas, 21 ans, du quartier de Collonges à Thonon-les-Bains, est tué dans le dos par balles par la BAC au terme d’une course poursuite. Lui et son frère auraient refusé un énième contrôle d’identité. La police tire sur le véhicule, et tue le jeune originaire du Congo, qui attendait depuis des mois que la procédure pour le passeport aboutisse. Tout le monde dans la cité s’accorde : « ce n’était ni un voyou, ni un terroriste » dénonce sa mère. Encore une fois, la réponse de la police fut immédiate : 50 CRS dans le quartier pour « sécuriser » la ville. Dans ce contexte, l’IGPN a été obligé d’ouvrir une enquête, étant donné le coup de feu létal, tandis que la PJ d’Annecy a lancé une procédure pour tentative d’homicide pour personne dépositaire de l’autorité publique… Face à ces enquêtes, la famille a lancé sur sa page facebook « Justice pour Nico » un appel à témoin pour ne pas laisser les flics imposer leur récit de ce meurtre. Une marche blanche en hommage à Nicolas a eu lieu samedi 02 décembre. Rappelons que son frère Costa le seul à pouvoir témoigner se retrouve incarcéré. Un processus bien connu, pression sur la famille afin d’éviter toute contestation possible.
Solidarité avec la famille de Nicolas.

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Massar, mort asphyxié à Gare du Nord

Le lendemain de ces deux drames précédents, c’est Massar qui décède dans une chambre d’hôpital après 13 jours de coma. Deux semaine avant, à Paris, gare du nord, Massar, 20 ans, se retrouve face à un énième contrôle d’identité. Le jeune homme, surpris en train de vendre de la drogue aurait avalé les pochons de crack en sa possession avant de fuir. Les agents le rattrapent et, plutôt que d’appeler les urgences, les policiers ; disent-ils, « se mettent à plusieurs sur lui pour l’immobiliser et lui faire recracher ». Le jeune homme tombe dans le coma. Le SAMU de Lariboisières, en face de la gare, le prend en charge ; le diagnostic est sans appel : encaphalopathie post-anoxique, c’est à dire des lésions cérébrales importantes dues à un manque d’oxygène. En clair, c’est l’asphyxie qui a causé l’état de coma dont le jeune homme ne se réveillera jamais. Les médecins qui ont retiré les pochons de son organisme n’ont détecté aucune présence de drogue dans le sang. C’est donc les policiers qui l’ont tué, l’écrasant à plusieurs, comme Adama Traoré dans la gendarmerie de Beaumont-sur-Oise.

23755402_404866996595784_3597755637218484523_nUne cagnotte a été mise en ligne sur ce lien en soutien à la famille de Massar pour l’aider à alléger les frais d’obsèques. Justice pour Massar

  • 22 novembre 2017, nouvelle victime des policiers lors de son expulsion [VIOLENCES POLICIÈRES – POLITIQUES MIGRATOIRES]

    « A toi,l’anonyme, à vous qui êtes là  »
    Un homme est mort assassiné ce 22 novembre 2017.
    Etranglé par la police danoise dans un avion Air France, c’est un homme sans nom.
    Mort parce qu’étranger.
    Ce meurtre est l’aboutissement d’un processus bureaucratique et méticuleux de déportation.
    Aussi, les mains gantées des 3 flics qui l’ont étouffé n’arrivent qu’en conclusion d’actes banals et procéduriers résumés dans des noms neutres et neutralisés, dans des sigles : Dublin. CRA « Rendez-vous en préfecture ».
    Des actes, des mots et des expressions racistes, coloniales employées par trop d’ hommes politiques, de journalistes, d’ associatifs.ves.
    Des actes, des mots, des expressions qui préparent les meurtres, les préméditant chaque fois qu’ ils et elles disent, ou sous entendent: « seuil de tolérance », « misère du monde » « intégration » ou « guerre contre le terrorisme. »
    Un homme seul a encore été tué parce qu’il était Sans Papiers.
    Nous demandons que le corps soit rendu à la famille.
    C’était l’ un des nôtres même si nous ne le connaissons pas.
    L’anonymat ne change rien à notre rage.Nous donnerons un sens à cette mort malgré l’absence de nom.
    Pour nous, ce ne sera jamais une statistique fut-elle de « violences policières. »
    Nous avons appris sa mort vendredi dernier, la veille de la tentative d’une déportation d’un autre homme, vers le Soudan cette fois. Certain.es d’ entre nous sont alors parti.es pour l’ aéroport Charles de Gaulle pour l’empêcher avec succès. Ils et elles ont appris qu’un autre homme était déporté à bord du même vol pour le Bangladesh.
    Ils et elles savaient comme tout le monde qu’en France, en Europe, il est parfaitement légal et légitime qu’on frappe, qu’on bâillonne, qu’on étrangle, qu’on drogue les immigré.es qu’on expulse.
    Comme le disent celles et ceux qui souhaitent tuer une seconde fois par des palabres qui taisent la violence des gestes, se «soustraire à une mesure d’éloignement », c’est s’exposer.
    Semira Adamu, Getu Hagos, Abdelhak Goradia, et tant d’autres ont été tué.es parce qu’ils et elles se sont opposé.es en criant,en se débattant. (…)  » Poste en entier ici publié par le Collectif Justice pour Babacar Gueye

Il aura donc fallu 8 ans, 8 ans de combat pour la familleles et ses soutiens, pour que l’Etat Français soit condamné suite à l’avis de la CEDH reconnaissant un « traitement inhumain » dans une affaire de tué lors d’une opération policière…

Sinon, on dirait que pour les autres victimes des pratiques policières, pour les familles qui ne mènent pas le combat judiciaire jusqu’à la CEDH, « circulez il n’y a rien à voir! Séchez vos larmes et bouclez les dossiers avant qu’ils ne provoquent de nouvelles colères… Oubliez vos morts… Ou espérez que nos institutions reconnaissent leurs tords… »

Qu’ils ne comptent pas sur nous pour rester les bras croisés à appeler au calme tant qu’ils continuent de tuer et d’être couverts!

  • Nous n’oublions pas non-plus qu’il y a déjà 1 an, c’était le 23 novembre, Bagui Traoré, 25 ans, et Youssouf Traoré, 19 ans,étaient interpellés spectaculairement au petit matin

    (le premier à l’arrivée sur son lieu de travail, le second chez lui), puis placés en détention provisoire jusqu’à leur procès prévu le 14 décembre. Ces deux frères de Adama étaient en fait accusés par six policie.ère.rs municipaux de l’intégralité des plaintes qu’ils et elles avaient initialement déposées contre X après la dispersion du 17 novembre. ( Le procès a démontré finalement que les deux blessures subies par les forces de l’ordre ce soir-là avaient été auto-infligées : un premier policier a reçu une partie du gaz issu de l’activation malheureuse de l’aérosol, un autre s’est fait mordre par son chien.) Entre temps, le 24 mars, c’est le troisième frère de Adama, Yacouba Traoré qui est envoyé en prison. Il a écopé de dix-huit mois de prison ferme pour un coup de poing donné à un ancien co-détenu d’Adama qui s’était répandu en diffamation contre ce dernier.

Un an et demi après le décès de Adama Traoré, ceux qui l’ont asphyxié ne sont donc toujours pas jugés, ni condamnés. En revanche, deux frères de la victime sont sous les barreaux, et trois nouveaux procès se préparent, chaque fois pour des accusations liées aux suites directes des mensonges et injustices concernant ce meurtre. La famille Traoré fait face également à des milliers d’euros d’amende.

Le plaquage ventral, responsable de trop nombreuses morts (dont celle de Lamine Dieng, écrasé par sept policiers et pour laquelle la cour de cassation a confirmé le non-lieu le 28 juin dernier), est toujours une technique enseignée et pratiquée au quotidien par les forces de l’ordre.

Source: Mediapart : Une affaire d’Etat : l’acharnement continue contre la famille Traoré

Pour soutenir la famille Traoré et son comité,  allez sur le blog –> Justice pour Adama

  • Enfin, nous signalons qu’Antonin Bernanos, le jeune homme accusé dans le cadre de l’affaire « de la voiture brûlée » et qui avait subi des mois d’emprisonnement et un acharnement judiciaire alors qu’aucune preuve sérieuse n’était à charge contre lui, a été une fois de plus brutalement arrêté à son domicile ce lundi 05 décembre sous des prétextes fallacieux. Cette pression est intolérable! Tout notre soutien à sa famille dont le communiqué est trouvable ici sur la page facebook Libérons-les.

 

De quelle justice parle-t-on?

Qui nous protège de la police?

Légitime défiance!

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Rémi, ni oubli ni pardon

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Rémi Fraisse, tué par une grenade offensive tirée par un gendarme la nuit du 25 au 26 octobre en 2014 à Sivens,  où se tenait un rassemblement d’opposants au projet de construction d’un barrage sur un affluent du Tarn. C’était jour pour jour 2 mois après le meurtre de Hocine Bouras à Colmar, tué d’une balle dans la tête par un gendarme alors qu’il était menotté, et en situation de transfert.

Ni oubli, Ni pardon!

En juin dernier, le procureur de Toulouse demandait qu’il soit mis fin, par une décision de non-lieu, à la recherche des responsabilités en cause dans la mort de Rémi…

Non-lieu…Non-lieu…Non-lieu…

Comme un relent d’insultes post-mortem qui revient dans chaque cas d’affaires de personnes tuées par la police…

Une pétition adressée à la ministre de la justice est en ligne sur ce lien –> https://www.change.org/p/justice-pour-remi-fraisse « afin d’empêcher la commission d’un honteux déni de justice et pour que les responsables de la mort de Rémi Fraisse aient à répondre de leur acte et décisions aux conséquences meurtrières devant la juridiction compétente »

Tout notre soutien à la famille, aux proches, et aux personnes mobilisées, pour que cela n’arrive plus. Stop au permis de tuer!

 

Le combat continue!

Fresque réalisée lors du weekend  » Mohamed Ali « du 06 au 08 octobre 2017 à Ivry-sur-Seine22309053_10213273201336136_6219604989029640836_n

Pour continuer de soutenir les collectifs et familles mobilisées contre les meurtres et violences commis par des policiers, faisons tourner les informations et continuons de nous entraider et de soutenir les mobilisations. Restons actifs et actives, et n’oublions pas d’alimenter les cagnottes mises en ligne en attendant de se retrouver dans de prochains événements : 

  • Vérité pour Yacine  Jeune homme de 24 ans, Yacine Ben Kalhal a été retrouvé mort dans une cave le 14 septembre 2017 à Aulnay-Sous-Bois. La famille exige à la Justice les meilleures conditions pour connaître la vérité, et dénonce une enquête bâclée, qui déclare Yacine « mort d’overdose », alors qu’ « Il a été retrouvé face contre terre, pantalon baissé jusqu’aux cuisses. Il a des traces sur le torse, sur le haut des genoux et sur les mains ». La famille de Yacine a porté plainte contre X pour homicide. Deux semaines après les faits, 300 personnes se sont réunies à Aulnay en soutien à la famille, et d’autres rassemblements ont eu lieu devant le Tribunal de Bobigny début octobre. Une cagnotte a aussi été créée :  https://www.leetchi.com/c/solidarite-de-bilel-ben-kahla Une mobilisation est appelée pour le 15 OCTOBRE à 15H devant LE GALION. Courage à la famille!

 

Rappelons que deux des gendarmes impliqués dans la mort de Angelo Garand ont été mis en examen à la fin du mois de septembre grâce à la solidarité qui a déjà permis à la famille de se constituer parties civiles par l’intermédiaire d’un avocat. Nous savons que la procédure ne fait que commencer, elle s’annonce longue et coûteuse.

 

  • Le site officiel du Comité La Vérité pour Adama est maintenant en ligne –> www.justicepouradama.com/  et a mis en place une cagnotte, car rappelons que « la famille Traoré subit un acharnement inédit depuis la mort d’Adama Traoré entre les mains de la gendarmerie. Depuis le 19 juillet 2016, la répression atteint un stade inacceptable pour nous tous. Il y a eu trois frères d’Adama en prison depuis le début de la mobilisation pour la Vérité et la Justice !Parmi eux, deux sont toujours en prison, Bagui Traoré et Yacouba Traoré, ainsi que de nombreux soutiens. Une guerre est déclarée à cette famille, ils ont besoin de vous ! L’objectif de cet acharnement est d’épuiser financièrement le Comité qui est entièrement financé par vos dons. »

 

  • Solidarité avec le collectif Vies Volées. Dix ans après la mort de Lamine Dieng entre les mains de la police, et suite à un non-lieu prononcé en 2014 puis confirmé en 2015, la Cour de cassation vient elle aussi de confirmer le non-lieu. La famille n’a désormais plus aucun recours en France, et envisage de saisir la Cour européenne des droits de l’homme. Ces dix ans de combat et de procédure ainsi que l’organisation de la journée de commémoration des dix ans de la mort de Lamine ont engendré de nombreux frais. Vies volées en appelle à la solidarité de toutes et tous afin d’aider la famille Dieng à y faire face.Un pot commun reste en ligne. En soutien au collectif Vies Volées, l’association Libre Lucha a aussi créé et mis en vente un tchirt disponible sur le site de Bboykonsian.

 

 

  • En Alsace, n’hésitez pas à nous contacter pour continuer de soutenir notre collectif Vérité et Justice pour Hocine Bouras. Nous avons toujours des Tchirt à vendre, ainsi qu’une cagnotte en ligne afin de faire connaître notre combat, aider la famille dans les frais judiciaires engagés, nous permettre d’impulser de nouvelles actions locales, et continuer la mobilisation contre le Permis de Tuer. Nous ne comptons pas rester inactifs et inactives en attendant la réponse de la Cour de Cassation, et continuons d’êtres solidaires des autres collectifs et familles en lutte contre la violence raciste et policière!

Notre détermination reste intacte! Le combat continue!

Intervention de la police : un animateur dans le coma

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Intervention de la police : un animateur dans le coma
10 mai. 14h 45. Vieux Lille.
Des jeunes font des allers-retours en motocross sur la plaine Winston Churchill. Churchill, c’est le nom de la résidence de 8 tours et de 400 foyers située à la périphérie nord du Vieux Lille. Là où vivait Hakim Djellassi, tué en toute impunité après son passage dans un fourgon de police en 2009. C’est là aussi où est retrouvé, ce mercredi 10 mai, Johnny, inanimé, la tête ensanglantée, suite à une intervention des forces de l’ordre. Johnny est toujours dans le coma à l’heure où l’on écrit ces lignes. Accident ? Violences policières ? On est allés à la rencontre des habitant.es du quartier pour comprendre ce qu’il s’est passé.
Chaque jour ici, les jeunes subissent humiliations et contrôles policiers. « Les keufs nous balancent souvent des  »vous inquiétez pas, on va bientôt débarquer et on vous aura tous » » nous résume-t-on. C’est que la cité dérange dans ce paysage en cours de revitalisation du vieux Lille. Ici sera implanté le palais de justice flambant neuf à l’horizon 2021. Pour l’instant, les résidences Churchill, Pont-Neuf et La Poterne sont les derniers endroits populaires résistants encore à l’embourgeoisement du Vieux-Lille. Ce n’est donc pas un hasard si la police et surtout les BST [1] viennent « sécuriser » le territoire, ou plus clairement, harceler et stigmatiser la population.
14h45, ce 10 mai, les keufs débarquent, bloquent les rues, et contrôlent illico, tasers et flingues à la main. Bac, motards, camion-béliers, gendarmes. Du monde. Beaucoup de monde. Du lourd pour seulement deux motocross circulant sur la plaine… La scène est confuse, tout va très vite, une motocross est saisie rue Paul Ramadier, tandis qu’une autre prend la fuite à travers la plaine. « Les flics braquaient tout le monde avec des guns » nous confie un jeune. Les renforts policiers sont appelés : contrôles, fouilles, pressions, etc. Quinze minutes plus tard, Johnny, le conducteur de la motocross en fuite, est retrouvé inanimé à l’angle de la rue du Pont Neuf et de la rue de Gand.
Johnny alias « Baguette » a 27 ans et travaille dans le quartier comme animateur. Il est descendu de chez lui au moment de l’arrivée des premiers fourgons. On nous raconte : un jeune était en train de pousser l’une des motocross, Johnny la récupère, démarre, et file en voyant la police le poursuivre. Au talkie, un flic indique à ses collègues la direction prise par la motocross. Peu après, un autre balance aux jeunes avec cynisme « vot’ pote là, il s’est bien crashé la gueule ! ». Personne n’y croit vraiment à ce moment-là, mais toutes les voitures de police se dirigent alors vers le lieu indiqué.
Que s’est-il passé ? Pour l’instant, peu d’éléments ont été fournis. Le conducteur aurait perdu le contrôle de la motocross alors qu’il sortait de la plaine. C’est en tout cas la version de la police que s’empresse de relayer la Voix du Nord sur son site internet. « Un véhicule des forces de l’ordre passant alors rue de Gand, avait trouvé le jeune homme inanimé et en sang, à côté d’une seconde moto-cross ». Et plus loin : « Déséquilibré par une série de terre-pleins, le motard a perdu le contrôle de son engin, et a violemment percuté un mur d’enceinte ». Pour la VDN, le conditionnel est en option et la police… hors de tout soupçon.
À ceci près que « Johnny savait conduire une motocross, et ces deux ou trois bordures, la moto les passe tranquille » assurent les jeunes. Très vite, le bruit court que la voiture de police a percuté la motocross pour la déstabiliser. Un flic lance à une personne présente sur les lieux du crash : « Viens voir sur la voiture, y’a rien, tu vois ». Ce qui est étrange, c’est que les prostituées du secteur assurent tout d’abord aux jeunes avoir vu la voiture percuter la motocross. Mais, dès le lendemain, elles se rétractent et affirment que Johnny aurait perdu le contrôle. Une procédure judiciaire est enclenchée en moins de 24 heures à l’initiative de la famille, des soutiens et de Maître Regley afin de demander à avoir accès aux motocross saisies et à toutes les caméras du quartier, notamment celles de la caserne militaire à proximité qui pointent vers le lieu de l’incident. Vaudrait mieux pour les bleus que les caméras corroborent leur version. En attendant, la famille et les habitant.es sont déterminé.es à connaître la vérité. Histoire à suivre !
Journal La Brique et le CRIME (Contre la répression des individus et les mouvements d’émancipation)
[1] Brigades Spécialisées de Terrain créées en 2010 par Hortefeux, anciennement UTeQ.
 * * *

Suite à la forte mobilisation du quartier et de militant.e.s locaux pour chercher à restituer ce qu’il s’est passé malgré les déclarations policières reprises par les journaux, le Parquet a ouvert une Instruction une quinzaine de jours après les faits. Le samedi 27 mai, entre 200 et 300 personnes se sont rassemblées pour manifester à Lille demandant « Vérité et Justice pour Johnny ». Un compte-rendu de cette manifestation, ainsi qu’une vidéo sur la présence policière en suivant ce lien :

« Manifestation « Justice et vérité pour Johnny », le 27 mai, à Lille.

Johnny est dans le coma suite à une opération policière musclée dans le quartier Churchill, à coté du Vieux Lille, le 10 mai. Animateur bien connu dans le quartier, Johnny s’est pris un mur alors qu’il était à moto. Les flics et la voix du nord parlent d’un accident, dans le quartier tout le monde pense à un parechocage.

Depuis, ça s’organise pour réclamer la vérité. Suite à cette mobilisation, une instruction a finalement été ouverte. La préfecture, fidèle à sa ligne « protection des commerçants et des bourgeois » a été claire, pas de manifs dans le centre-ville. Explication: il y aurait trop de monde dans les rue du Vieux-Lille. Donc manifestez mais restez chez vous, bien invisibles. La manifestation est donc partie de Churchill s’est rendue sur les lieux de l’accident puis s’est rendue devant le TGI.
Là, tout le monde s’est dit que l’interdiction des rues bourgeoises ne méritait pas de respect et s’est enfoncé dans le Vieux-Lille.

Évidemment, les keufs ont sortis le grand jeu. Bacqueux, robocops et chevaux. On pousse presque jusqu’à grand place. Bousculade et menaces sous les yeux des touristes qui hallucinaient. Ils ont repoussé les manifestant.es. Retour au quartier suivis de nombreux fourgons de CRS qui se sont positionnés tout autour de Churchill. En marge de la manif, des bacqueux en roue libre ont plaqué au sol un camarade de la CGT, l’ont frappé et menacé pour finir par lui cracher dessus. Evidemment pas de PV pour une si belle action. Son tort? Être un militant et s’être gentiment moquer d’un bacqueux qui dans le stress de l’action a fait tomber sa collection de grenades de désencerclement au sol.

Ce n’est qu’un début… »

 

*** URGENT! APPEL A TEMOIN!

Si vous étiez présent mercredi 10 mai entre 14h45 et 15h15 au croisement des rues de Gandhi, Pont neuf, Bateliers et rue de Gand au moment de la chute du motard!
Appelez au 06 48 57 86 30 ou contactez nous par message privé! ***

Tout notre soutien avec les proches de Johnny, en espérant qu’il sorte vite du coma avec le moins de dommages possibles, mais aussi notre soutien avec les individu.e.s, et groupes qui mènent le combat depuis plusieurs années contre les crimes policiers et le vécu quotidien de l’oppression sécuritaire.

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Curtis

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Vendredi 5 mai, Curtis, 17 ans est décédé en percutant violemment un bus à Antony (Hauts-de-Seine), alors qu’il tentait de fuir un contrôle de la BAC.  Hospitalisé dans un état grave, l’adolescent a succombé à ses blessures dans la nuit. Sa mort a entraîné des échauffourées le vendredi soir même autour du quartier du Grand Ensemble à Massy, où le jeune homme habitait, a rapporté une source policière. Une quarantaine de jeunes ont cassé des vitres, des Abribus et ont mis feu à des poubelles, a-t-elle détaillé. Une section de CRS a été déployée et deux personnes ont été interpellées.

Tandis que la colère gronde, la famille appelle au calme et organise la mobilisation. Un rassemblement aura ainsi lieu dès le dimanche 07 mai à Massy, réunissant des proches et des habitant.e.s du quartier autour de la famille. Ce moment sera encore accompagné de nombreuses provocations policières. Un couvre-feu  a même été instauré pour les mineurs dans les quartiers alentours pour éviter la propagation de nouvelles révoltes. En effet, dès le samedi soir du 13 mai, et pendant les quinze prochaines nuits, tout jeune âgé de moins de 16 ans souhaitant circuler dans le quartier Massy Opéra entre 22 heures et 6 heures du matin devra être accompagné par une personne majeure. Le Mardi 9 mai, les camarades de classe de Curtis ont organisé au Lycée Jean Perrin à Longjumeau avec l’ensemble de l’équipe éducative un émouvant hommage à Curtis, et auquel était présent Assa Traoré. Une Marche Pour Curtis a eu lieu le Dimanche 14 Mai

La famille de Curtis a porté plainte contre X pour homicide involontaire, a annoncé vendredi son avocat. Elle conteste la version de la police qui explique qu’elle avait perdu de vue le jeune homme sans casque lorsque le malheureux a percuté un bus au terme d’une course-poursuite. «Certains témoins présents dans la rue ou dans le bus affirment (…) que le véhicule de la BAC aurait touché ou percuté» le quad de l’adolescent «quelques secondes avant l’accident», écrivent les plaignants, via leur avocat Yassine Bouzrou.

«En tout état de cause, (…) le véhicule de la BAC était toujours à la poursuite du jeune homme et roulait à vive allure juste derrière lui», ajoutent-ils, soupçonnant «une faute des policiers».

RAPPEL APPEL A TÉMOIN : URGENT NOUS DEMANDONS A TOUTE PERSONNE AYANT ASSISTÉ A L’ACCIDENT DE SE MANIFESTER VIA LE MAIL.
Veritepourcurtis@gmail.com

Lien de la Cagnotte pour les obséques de Curtis
https://www.leetchi.com/c/obseques-de-curtis-robertin

 

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Weekend du 07-08 avril 2017, de Colmar/Strasbourg à Marseille et Paris : Justice pour tous!

Le Collectif Vérité et Justice pour Hocine Bouras sera présent à Marseille et Paris ce weekend, pour continuer de soutenir et de participer aux dynamiques de luttes locales contre les violences racistes, policières et judiciaires, et apporter son soutien aux autres familles de victimes et aux persecuté.e.s mobilisées. De belles soirées en perspective avec concerts de soutien! Pour les personnes de Marseille, Paris et alentours, soyez présent.e.s, relayez bien l’information!

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(Si vous n’avez pas la chance d’être à Marseille ce vendredi, mais que vous voulez comme nous apporter de la solidarité au Combat Pour Morad, aidez-nous à faire diffuser le film Les coups de leurs privilèges en Alsace qui parle notamment de la lutte pour Morad Touat, tué à Marseille, mais aussi de celle pour Wissam El Yamni, à Clermont-Ferrand. N’hésitez pas à faire la demande directement aux cinémas de vos villes, et de nous tenir informé.e.s si une projection-rencontre peut enfin se faire dans notre région ces prochains temps. Nous nous tenons à disposition pour que cet événement puisse se faire bientôt. Merci)

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Justice pour tous
Journée de rencontres et de solidarité

Discussion / 16h
Créer des solidarités et se défendre face à la police et la justice. Venez discuter avec le comité justice pour Adama, des habitants de Villiers-le-Bel, le comité de vigilance contre les violences policières à Pantin et d’autres familles et comités.

Concert / 19h30
Tino L’insulaire
Sitou Koudadjé
Première Ligne (Skalpel, E.One & Akye)
Mokless et Ahmed koma scred connexion officiel (Scred Connexion)

Ouverture des portes à 15H
Prix libre (tous les bénéfices seront reversés à des familles)
Restauration, buvette et tables de presse et d’information sur place
CNT / 33 rue des Vignoles 75020 Paris (Métro : Buzenval ou Avron)

Artwork : Helios Figuerola Garcia

En 2011 après des années de procédure, les frères Kamara étaient condamnés à 12 et 15 ans de prison pour « tentative d’homicide » contre des policiers. Ils payent le prix d’une vengeance d’État qui s’est déchaînée après les révoltes de 2007 à Villiers-le-Bel. Des révoltes qui faisaient suite à la mort de Lakhamy Samoura et Moushin Sehhouli, parechoqués par une voiture de police le 25 novembre 2007.
Il y a quelques semaines, on apprenait la mise en examen de Bagui Traoré pour « tentative d’assassinat », lui aussi contre des policiers. Bagui Traoré se battait depuis le 19 juillet 2016 pour rétablir la vérité et obtenir la justice pour son frère Adama Traoré, tué par des gendarmes. Sa mise en examen s’inscrit dans la série de harcèlements policiers, judiciaires et politiques qui visent la famille Traoré et les habitants de Beaumont-sur-Oise.
S’organiser pour la vérité et la justice c’est s’exposer à l’acharnement,aux procès pour l’exemple, à la peine de voir des familles déchirées. S’organiser est aussi une affaire quotidienne, avant que le pire n’arrive, comme le montre l’exemple du comité de vigilance contre les violences policières à Pantin, constitué après une série d’épisodes de violences policières subis par la famille Kraiker. Depuis, cette famille et plus généralement les habitants de l’îlot 27 doivent faire face au harcèlement quotidien de la police et tentent de trouver des réponses quotidiennes pour y mettre fin.
S’organiser c’est avant tout s’organiser localement mais c’est aussi échanger des expériences, créer des solidarités.

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Pour rappel : le Collectif Angles Morts milite autour des questions de la justice, de l’enfermement et des méthodes policières. Ce collectif soutient les familles de victimes de crimes policiers depuis plusieurs années, et a notamment écrit en mars 2016 un article « Justice pour Hocine » sur l’affaire de Hocine Bouras et le combat mené par sa famille depuis Colmar, mais aussi Le « bâtiment de la mort » – Vérité et Justice pour Morad ! Le Collectif Angles Morts a aussi coordonné le livre Permis de Tuer et écrit Vengeance d’Etat – VILLIERS-LE-BEL : DES RÉVOLTES AUX PROCÈS.