Le 04 mars 2017 meeting à Paris pour la marche du 19 mars et hommage à Amadou Koumé

Le collectif d’organisation de la Marche du 19 mars appelle à un grand meeting qui se tiendra à la bourse du Travail de Paris le 04 mars prochain autour de la famille d’Amadou Koumé, mort le 6 mars 2015 dans le commissariat du 10ème arrondissement.

Rendez-vous le 4 mars 2017, 13h30, bourse du travail de Paris (85 rue Charlot à République). En présence des familles des victimes et notamment de Jessica Koumé, Amal Bentounsi et Ramata Dieng et en présence d’Omar Slaouti, porte parole du collectif 19 mars, mais aussi de nombreux représentants des organisations et collectifs signataires de l’appel de la Marche. Le Collectif Vérité et Justice pour Hocine Bouras y sera aussi.
Rappelons qu’Amadou Koumé est mort d’un œdème pulmonaire survenu dans un contexte d’asphyxie avec traumatisme facial et cervical. Il est une victime de plus de pratiques policières d’interpellation scandaleuses comme la clé d’étranglement, des pratiques jugées tellement dangereuses qu’elles sont interdites dans de nombreux pays. Une fois de plus, pourtant, la justice vient de rendre un non-lieu dans cette affaire.

A Bobigny, nous étions nombreuses et nombreux en solidarité avec Théo Luhaka, contre les humiliations, contre les violences policières, contre le racisme. Pour Théo bien sûr qui a été frappé et violé mais aussi pour Amadou Koumé, Amine Bentounsi, Lamine Dieng, Wissam El Yamni, Zyed Benna et Bouna Traoré, Adama Traoré et bien d’autres tués par la police. Une fois de plus la police a tout fait pour provoquer délibérément les manifestant.e.s et criminaliser la mobilisation. Nous affirmons ici notre solidarité avec les 37 interpellés.

Depuis plus de 40 ans, les policiers bénéficient d’une véritable impunité dans les quartiers. Contrôles au faciès, tutoiements, injures et provocations racistes pendant que la justice couvre ces agissements en acquittant ou en donnant du sursis aux policiers incriminés. Aujourd’hui un syndicaliste policier peut tranquillement à la télé défendre l’utilisation du terme raciste bamboula.

La dernière loi votée par ce gouvernement est un véritable arsenal répressif, la loi de sécurité publique s’ajoutant au maintien de l’état d’urgence. Les règles de légitime défense pour les policiers, sont assouplis et les peines pour outrage aux forces de l’ordre sont alourdies. L’impunité policière est désormais légalisée !


Nous ne baisserons pas les yeux ! Contre la hogra, les humiliations répétées, le racisme et les violences policières nous nous réunirons le 4 mars à la bourse du travail de Paris, rue Charlot, à 14h et nous marcherons tous ensemble le 19 mars à Paris. 
Les deux rendez-vous sont pris ! Soyons nombreux et nombreuses à exprimer notre résistance au meeting et dans la rue !

Pour rejoindre la Marche pour la Justice et la Dignité du 19 mars, la famille Bouras avec le Collectif Vérité et Justice pour Hocine Bouras organisent un départ groupé de Strasbourg/Colmar en bus.

(adresse mail pour réserver les places : collectifhocinebouras@gmail.com)

* * *

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* Amadou Koumé est décédé à l’âge de 33 ans dans un commissariat de Paris la nuit du jeudi 5 mars au vendredi 6 mars 2015 peu après avoir été violemment interpellé.Il était originaire de Saint-Quentin dans l’Aisne en Picardie, et papa de deux enfants. Sa mort ne s’était ébruitée dans les médias que le 20 avril par Le Parisien qui citait alors une source judiciaire qui expliquait de manière lapidaire : “quand les policiers ont voulu le menotter, il s’est débattu. Ils ont dû procéder à une manœuvre d’étranglement pour lui passer les menottes. A l’arrivée au commissariat à 0 h 25, ils se sont rendu compte qu’il était amorphe. Le Samu a tenté de le ranimer, en vain”.

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 Nous citons ici un article paru dans Paris-lutte sur la mort de Amadou Koumé

« Ce que ne fait pas bien sûr l’article du « Parisien », c’est le rapprochement avec la mort de plusieurs personnes, tuées elles aussi par étranglement. Une pratique dénoncée depuis longtemps, suite notamment à la mort d’Hakim Ajimi en 2008 :

Lors de contrôles d’identité, ou d’interpellations, la Police applique une méthode d’immobilisation qui dans sa pratique peut provoquer la mort : cette méthode “au corps à corps” consiste à ce qu’un fonctionnaire de police étrangle la personne qui se trouve au sol, pendant qu’un autre lui comprime la cage thoracique en appuyant fortement son genou dans le dos. Cette pratique appelée aussi “clé d’étranglement” entraine l’immobilité, la suffocation, de graves lésions qui peuvent provoquer alors des conséquences irréversibles quand ce n’est pas la mort.

Trois flics avaient été condamnés à de la prison avec sursis pour la mort d’Hakim Ajimi. Depuis, plusieurs personnes sont mortes pour avoir eu le malheur de croiser des flics friands de cette pratique. Elle est pourtant connue depuis plus de dix ans par tous les policiers comme pouvant être mortelle.

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Légende de l’image : Hakim Ajimi, tué par la police par étranglement

En juin 2009, Ali Ziri mourrait dans les mêmes circonstances à Argenteuil. En 2011, c’était Wissam El-Yamni à Clermont-Ferrand. À chaque fois, les flics s’en sont sortis, comme dans la plupart des cas où la police est accusée de meurtre ou de mutilation. » (…)

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A l’appel des proches d’Amadou Koumé, le 30 mai 2015, 1000 personnes se rassemblent à Saint-Quentin pour rendre hommage à Amadou. Une autre marche commémorative rassemblera 400 personnes à la Gare du Nord de Paris  le 10 octobre 2015 pour soutenir la famille pour connaitre la vérité sur la mort de Amadou Koumé et pour demander la nomination d’un juge d’instruction.

Page facebook du Collectif  : Tous ensemble pour une justice claire et transparente

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Le 17 novembre 2015, le Non-lieu est prononcé par le Procureur pour Amadou Koumé. Moins de dix jours après, nous apprenons le 25 novembre le Non-lieu pour Hocine Bouras… Malgré cela, notre détermination des familles des victimes de crimes policiers reste intacte pour obtenir Vérité et Justice et mettre fin au Permis de Tuer, au Racisme d’Etat, aux violences sécuritaires.En juillet 2016, nous apprenons « qu’un juge d’instruction vient d’être nommé dans l’affaire d’Amadou Koumé après pratiquement 2 ans de combat judiciaire l’enquête s’ouvre! Moralité ne pas plier face à ses oppresseurs !! Cependant rien n’est gagné le combat continue ! Pas de justice pas de paix ! » Aussi, du 6 au 10 mars 2017 se tiendra aux assises de Paris, le procès en appel du policier Damien Saboundjian qui a tué Amine Bentounsi d’une balle dans le dos. Tout notre soutien aux proches qui continuent cette lutte! Quant à la famille Bouras, nous continuons de la soutenir pour faire parvenir le dossier de Hocine en Cour de Cassation!

Ils nous voulaient silencieuses, isolées et à genoux, aujourd’hui, 2017, nous sommes toujours unies et debout, nous ne lâcherons pas le combat et continuerons de faire entendre nos voix et de prendre les rues!

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