Non-lieu pour l’affaire Hocine Bouras

Le 25 novembre 2015, la famille Bouras s’apprête à se rendre à la projection du film Qui a tué Ali Ziri à Strasbourg, quand la nouvelle de la décision de Justice tombe dans le journal local:

Détenu tué par un gendarme près de Colmar: le parquet requiert un non-lieu

Le parquet de Colmar a requis mardi un non-lieu à l’encontre d’un gendarme qui avait tué par balle en août 2014 près de Colmar un détenu qu’il escortait, estimant qu’il se trouvait en situation de légitime défense, a-t-on appris aujourd’hui auprès des avocats.

« Le procureur de Colmar, Bernard Lebeau, a estimé qu’il n’y avait pas lieu de poursuivre le gendarme car il se trouvait en situation de légitime défense au bénéfice d’une collègue, violemment agressée par le détenu.

Le gendarme faisait partie de l’escorte qui était chargée d’amener le détenu, âgé de 23 ans, de la maison d’arrêt de Strasbourg au bureau de juge d’instruction à Colmar, pour qu’il soit entendu dans une affaire de vols à main armée.

«J’espère que le réquisitoire du procureur mettra fin définitivement aux rumeurs tout à fait infondées qui existaient concernant le comportement du gendarme», a déclaré son avocat, Me Thierry Moser. «Bien qu’il ne soit nullement responsable sur le plan judiciaire, il ressent ce drame, moralement parlant, comme quelque chose de très lourd à porter», a-t-il ajouté. » [Oh ben tiens, on parle de la douleur du gendarme qui a tué, mais pas de celle des proches de la victime tuée, en fait on ne parle même pas de la victime elle-même d’ailleurs: comment s’appelle-t-elle déjà? Ah oui, Hocine Bouras, mais ce détail ne semble pas importer l’auteur de cet article qui préfère l’appeler tout au long « un détenu »…] « Le gendarme dispose dans ce dossier du statut de témoin assisté, le juge n’ayant pas prononcé sa mise en examen, alors que le procureur l’avait requise pour «violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner». » (…)

 

(…) »Renaud Bettcher, avocat d’une des parties civiles, s’est dit «parfaitement indigné» par le réquisitoire de non-lieu et a souligné qu’il ferait appel si le juge suivait le parquet. «Il ne peut y avoir légitime défense qu’à la condition qu’il y ait danger de mort», a-t-il souligné. Or «(le détenu) n’a jamais eu l’arme en main, les relevés d’empreintes digitales et génétiques le montrent», a-t-il dit. »

Autre article AFP (20minutes) : 

Colmar: Non-lieu requis en faveur du gendarme ayant tué par balle un détenu

« Le procureur estime que le gendarme était en situation de légitime défense… Contrairement aux réquisitions du parquet, le gendarme ayant tué un détenu durant son escorte sur l’A35 près de Colmar en août 2014 n’avait pas été mis en examen. Mardi, le parquet de Colmar a requis un non-lieu à son encontre, alors placé sous le statut de témoin assisté. »

[Une fois de plus, l’article ne mentionne nulle part que Hocine était menotté au moment de faits où il est accusé d’avoir soudainement agressé la gendarme à l’arrière, bien-sure sans aucune raison, pourquoi chercher à comprendre ce qu’il s’est passé?!… Pour rappel, dans les premières versions policières, Hocine était accusé d’avoir tenté de s’échapper… Là on n’en parle plus (puisque cette version ne tenait évidemment pas la route…) mais on ne cherche même plus à expliquer l’attitude de Hocine qui l’aurait conduit à « violemment agresser la gendarme qui l’accompagnait » et d’où les seuls témoins de cette version sont… les gendarmes eux-mêmes qui l’ont tué! Après tout Hocine devait être entendu « dans une affaire de vols à main armée » comme nous le rappelle si bien le journaliste, il est donc tout à fait logique qu’il puisse avoir des réaction « d’agression soudaine » (titre en gras du paragraphe il faut quand même souligner)… Cynisme d’inversion des rôles où la victime et l’agresseur sont toutes deux désignées et confirmées par l’AFP à l’unanimité…

En gros, dans cet article de journal, la seule version retenue est la version policière : Hocine est l’agresseur, les gendarmes sont les victimes… Que Hocine a été tué dans cette histoire n’est qu’un détail, dont les 2 gendarme n’en sont que les regretables témoins impuissants… Comme à chaque affaire de meurtre commis par un homme en uniforme…]

« Renaud Bettcher, avocat d’une des parties civiles, s’est dit « parfaitement indigné » par le réquisitoire de non-lieu et a souligné qu’il ferait appel si le juge suivait le parquet. »

Le 09 décembre 2015:

Colmar: L’avocat conteste la légitime défense du gendarme ayant tué par balle un détenu

« La reconstitution des faits a permis de démontrer qu’il n’y avait pas de danger de mort ». Mercredi, Me Renaud Bettcher, avocat de la famille du détenu tué par balle en août 2014 en Alsace par un gendarme qui l’escortait, a contesté le réquisitoire de non-lieu du parquet de Colmar, estimant que la thèse de la légitime défense ne tenait pas.

Le réquisitoire de non-lieu à l’encontre du gendarme « ne fait que confirmer ce que nous savions tous depuis le premier jour, à savoir que les dés étaient certes déjà jetés mais surtout pipés », accuse l’avocat de la famille du détenu, 23 ans au moment des faits.

Le procureur de Colmar, Bernard Lebeau, avait estimé fin novembre qu’il n’y avait pas lieu de poursuivre le gendarme car il se trouvait en situation de légitime défense au bénéfice d’une collègue, violemment agressée par le détenu.

 

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s