Abdelhak Goradia, Hocine Bouras…

http://www.huffpostmaghreb.com/2014/09/03/abdelhak-goradia-_n_5756878.html

Seulement 5 jours avant que Hocine Bouras soit tué sur l’autoroute A35 par un gendarme, une autre personne mourrait dans les mains des forces de police alors que ces dernières étaient chargées elles aussi de le transporter vers une autre destination… Les circonstances ne sont pas les mêmes, mais la proximité de ces affaires et leurs points de similitudes ne peuvent que nous ammener à les rapprocher.

Cet homme, c’est Abdelhak Goradia, algérien de 51 ans, décédé le jeudi 21 août 2014 à 21h, alors qu’il était conduit par les policiers à l’aéroport Roissy Charles de Gaulle pour être expulsé vers l’Algérie, ( alors qu’il avait passé 18 ans en France..). Selon la version policière, c’est dans le fourgon en arrivant à l’aéroport qu’il serait décédé d’« une crise cardiaque  ». [24 août : la justice annonce maintenant qu’il serait mort par asphyxie et régurgitation] Ses proches affirment avoir vu des hématomes sur son visage, et les principaux témoins font le récit d’une expulsion sous haute tension.

« Le 21 août, Goradia ne se doute de rien : son nom n’apparaît pas au tableau des expulsions. En fin d’après-midi, il est appelé à l’accueil du CRA. L’Algérien n’imagine pas être en partance pour l’aéroport. La preuve, «il avait laissé ses effets personnels dans la cellule», explique Marie Lindemann. «Il pensait recevoir une visite à 18 h 30, mais ils l’ont piégé», affirme Adnen Mouelhi, un Tunisien retenu au CRA. Walid Tilwi, sans-papiers présent ce soir-là, ajoute : «Il a refusé de partir et voulait parler à son avocat. Quand les policiers l’ont emmené, on a entendu des bruits bizarres, des boum boum boum par terre.» Sohil Boudjellal se remémore ce coup de fil. «Quand il m’appelle, ça commence déjà à chauffer.» Ce jeudi soir, ce sont les fonctionnaires de la Cotep (Compagnie transfert escorte et protection) qui prennent en charge le quinquagénaire pour un vol prévu à 21 h 15. Le dossier étant jugé «sensible» par la préfecture de police de Paris, ils gèrent le transfèrement de manière musclée. «La personne avait déjà refusé par deux fois d’être expulsée. Le 16 août, elle s’était montrée violente», affirme Cédric Castes, secrétaire départemental d’Unité-SGP police pour la PAF (police aux frontières) de Roissy. «Cinq ou six» policiers entreprennent de maîtriser Goradia, sur qui ils découvrent une «lame de rasoir». L’homme est entravé aux pieds et aux genoux. Il est coiffé d’un casque de boxeur pour lui protéger le crâne. Goradia est embarqué peu avant 19 heures. A son arrivée à Roissy, il n’est plus en vie. » Libération : Les zones d’ombre d’une expulsion qui mène à la mort Par Sylvain Mouillard — 28 août 2014

Le parquet de Bobigny (Seine-Saint-Denis) a ouvert une information judiciaire pour «homicide involontaire».

Cet événement rappelle plus que jamais que les frontières tuent : des milliers de personnes sont mortes en traversant la méditerranée, d’autres décèdent lors de leur expulsion

 

Ainsi, en moins d’une semaine en France, 2 personnes décèdent dans les mains des forces de l’ordre en cette fin d’août 2014 : Abdelhak Goradia et Hocine Bouras. Même si l’âge les sépare, même si la régularisation officielle de la situation française les séparent, les circonstances d’enfermement et le type de structure carcérales, toutes 2 sont tuées par des agents de l’Etat en pleine fonction, chargées de leur « accompagnement » et donc de veiller à leur sécurité et leur intégrité. Toutes deux étaient d’origine algérienne, toutes deux ont étées enfermées, et frappées par des agents policiers/de gendarmerie avant de décéder, encore menottées… Sans que les pratiques policières ayant provoqué ces morts ne soient remises en causes, ni que le personnes qui le ont pratiquées ne soient inquiétées de meurtre…

Dans les deux cas, ces morts violentes et impunies ont provoqué luttes et  révoltes dans les prisons où les victimes étaient détenus (grève de la faim au CRA de Vincenne et colère et expressions de solidarité à/de la prison de l’Elsau à Strasbourg)

Le Ministère algérien des Affaires étrangères a également réagit par rapport à ces deux algériens (l’un né en France et ayant la double nationalité, l’autre « sans-papier » vivant en France) morts dans des conditions suspectes lors de leur transport par des agents policiers.

 

 

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s