Marche des Solidarités – 17 mars 2018 – Paris

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Samedi 17 mars à Paris, plusieurs milliers de personnes ont manifesté de la place de l’Opéra à celle de la Bataille-de-Stalingrad lors de la « Marche des Solidarités » contre le racisme d’Etat et ses conséquences. Il y faisait froid, et il fallait s’armer de courage pour braver la tempête de neige et l’humidité glacée pour participer à ce grand rassemblement. Du courage, les personnes présentes n’en manquent pas, car c’est toute l’année et au quotidien qu’elles subissent et combattent ce pourquoi elles se sont rassemblées ce jour-là. On y retrouvait les familles de victimes des meurtres commis par des policiers et gendarmes, ainsi que de nombreux autres collectifs luttant contre les politiques discriminatoires, la fanfare invisible et autres.

La maman de Hocine Bouras était également présente dans le cortège, (comme c’est le cas depuis 2015 et 2016 ) à l’occasion de cette journée internationale contre les violences policières. Des militant.e.s de Strasbourg et alentours l’ont accompagnée en arborant avec elle tout au long du cortège la banderole : « Vérité et Justice pour Hocine Bouras ». Elle a pu prendre la parole sur le village des Associations pour parler de son combat qu’elle mène aujourd’hui à la Cour Européenne des Droits de l’Homme suite au non-lieu délivré en janvier de cette année par la Cour de Cassation pour le gendarme ayant tué son fils d’une balle dans la tête, Hocine Bouras. Nous rappelons que Hocine avait 23 ans au moment des faits, il était menotté dans le dos et en situation de transfert vers le Tribunal de Colmar quand le gendarme volontaire l’a abattu sur le bord de l’autoroute A35. Elle va avoir besoin de soutien pour les temps à venir, notamment du soutien financier pour couvrir les nouveau frais judiciaires à venir, car rien n’est gratuit, surtout pas la Justice…

Une marche en hommage à Marielle Franco a également rejoint cette marche des Solidarités.

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Vous trouverez un compte-rendu de cette marche écrit par Fumigenes.mag sur ce lien –> http://www.fumigene.org/2018/03/18/marche-des-solidarites/

Et une émission de radio qui donne la parole aux organisateur.trice.s de cette marche : https://quartierslibres.wordpress.com/2018/04/04/emission-radio-quartiers-libres-retour-sur-la-marche-de-solidarites/

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Dans le même temps, des manifestations contre les violences policières et le racisme se sont déroulées dans plusieurs villes de France ( comme à Marseille par exemple ) mais surtout dans près de soixante-dix villes dans toute l’Europe.

  • 15 mars 2018 : Mam M’Baye Diaye, vendeur à la sauvette de 35 ans décédé à la suite d’une course-poursuite avec la police municipale. Quelques centaines de manifestants en colère s’étaient rassemblés et ont invectivé les forces de l’ordre déployées aux cris de « police assassine ».
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Retour sur la soirée de solidarité contre les répressions à Mulhouse

Merci au Front Social de Mulhouse ( Front Social 68) de nous avoir invité à la soirée de Concert de solidarité contre les répressions qui a eu lieu vendredi 26 janvier 2018, c’était un moment qui nous a permis de faire de nombreuses rencontres, de vendre nos sandwichs, t-chirt et des livres 100 Portraits contre l’Etat policier (éditions Syllepse) afin de continuer à financer notre lutte pour la mémoire de Hocine et contre le Permis de Tuer des forces de l’ordre en uniforme! C’était un beau moment qui a rassemblé du monde, et durant lequel la maman de Hocine a pu s’exprimer sur la scène et accorder un entretien avec la radio locale de Mulhouse Radio MNE. Merci du soutien!

Nous sommes également soulagés d’avoir appris le jour-même la relaxe pour la belle sœur de Mehdi quant aux slogans ( « Tout le monde déteste la police » « La police assassine » « Justice pour Adama et Mehdi ») pour lesquels elle avait été mise en examen suite à une manifestation.

Une pensée aussi pour le collectif Justice pour Wissam à Riom le lendemain qui a organisé un concert de solidarité avec le groupe La Rumeur. De belles énergies et dynamiques! ça fait vraiment plaisir! Nous comptons organiser une rencontre pour le mois de mai sur Colmar en hommage à Hocine et pour continuer notre combat, car non, la Cour de Cassation et la Justice n’aura pas raison de notre détermination. Toutes les aides seront les bienvenues! En attendant, on se retrouve le 17 mars à Paris! Restez au aguets de l’actualité! A bientôt!

Un lien vers une vidéo faite en début de soirée avec les interventions de Mickaël Wamen, Gaël Quirantes, et Fatiha Bouras, la maman de Hocine et membre du Collectif Vérité et Justice pour Hocine.

4 ans après

26231845_2020798781504587_5148808126121174103_nRejet du pourvoi en Cour de Cassation tombé il y a une heure pour la famille Bouras et ses proches…
Les soutiens au Gendarme de l’A35 sont « merveilleusement bien » apparemment… L’indécence ne les tuera pas, c’est sure…

Tout le soutien à la famille Bouras qui essuie un enième Non-lieu aujourd’hui, suite au meurtre par balle de Hocine Bouras par le gendarme qui l’emmenait au Tribunal le 26 août 2014 entre Strasbourg et Colmar.

Apprendre dans la même soirée le Non-lieu en faveur du gendarme qui a tué Rémi, et le non-lieu en faveur de celui qui a tué Hocine… L’un tué d’une grenade offensive, l’autre tué d’une balle alors qu’il était menotté…

 

Justice pour Selom (20 ans) et Matisse (18 ans) tués en fuyant la police

25660355_1843311582556269_5988637151514069979_nLe 15 décembre,  4 amis ont été happés par un train en bordure de la cité Saint-Maurice. Selom, 20 ans, et Matisse, 19 ans y laissent leur vie. Leurs deux amis rescapés témoignent à l’hôpital qu’ils avaient été surpris par une unité de police, – récemment arrivée et  déjà connue pour ses violences dans son mode opératoire au sein du quartier –  ayant soudainement déboulée la matraque à la main.

Dès le lundi 18 décembre, le procureur de la République de Lille balayait toutefois la thèse de la course-poursuite provoquée par la police, la qualifiant de « rumeur », et écarte ainsi toute implication et responsabilité policière dans ce drame. Les journaux se hâtent de relayer la nuit d' »émeute » qui a suivie dans le quartier où se sont déroulés les événements, sur-commentant les quelques dégâts de voitures brûlées, et félicitant les interventions policières ( une interpellation ) venant remettre l’ordre dans le quartier qui aurait été dérangé par une « rumeur »… On croirait re-vivre à chaque fois le même scénario… Des personnes tuées en fuyant la police, et la criminalisation des victimes et de celles qui dénoncent la brutalité policière ordinaire… Pourtant, ces « rumeurs » ont permis de faire émerger une réalité que ne s’empressait pas de relayer la presse par elle-même…

Le 19 décembre, France 3 région Nord relaie le témoignage de Aurélien, soulignant ainsi la contradiction avec la version policière : « L’un des jeunes fauché par un TER à Lille témoigne : “J’ai perdu deux frères à cause de la police »  » : « Aurélien, 20 ans, fait partie des quatre happés par un train vendredi soir, près de la gare Lille-Flandres. Alors que deux de ses amis ont perdu la vie dans l’accident, il l’affirme : ils se sont rendus sur les rails pour fuir un contrôle de police. Une version démentie par les forces de l’ordre. »

Il était temps que les médias daignent relayer cette version des faits… impliquant la police dans l’accident, et la peur d’elle en connaissance de ses méthodes. Le CRIME (collectif de Lille Contre la Répression des Individus et des Mouvements d’Emancipation) avait de son côté, lancé un appel à témoignage. Ce Collectif était allé auparavant à la rencontre des rescapés, mais aussi d’habitant.e.s du quartier, de proches et de membres de la famille des quatre jeunes hommes pour en savoir un peu plus. Le collectif publie peu de temps après l’article : Justice pour Selom et Mathis. Ce qu’il s’est passé vendredi 15 décembre à la cité Saint-Maurice à Fives dont nous restituons sans modifications le début ici :

« Ce qu’il s’est passé vendredi 15 décembre à la cité Saint-Maurice à Fives.
Il y a des textes qu’on aimerait ne pas devoir écrire. Vendredi 15 décembre vers 21 heures, quatre jeunes ont été happés par un Train Express Régional (TER) sur la ligne Lille-Calais-Dunkerque au niveau de la cité Saint-Maurice, à la frontière des quartiers de Fives et de Saint-Maurice Pellevoisin. Deux d’entre eux sont morts. Malgré le choc et les blessures, les deux rescapés témoignent. Et démentent dignement la version de la police et de la presse locale.

Lundi dernier, à 20h45, une centaine de personnes se rassemblent sur la place Degeyter à Fives pour rendre hommage à Selom et Mathis, morts pendant le week-end. Quelques heures plus tôt, le procureur de la République explique que la version d’une course poursuite avec la police n’est qu’une « rumeur » et que les quatre jeunes auraient voulu prendre un « raccourci » le long des lignes SNCF… Les médias – La Voix du Nord en tête – se contentent de relayer cette version. Affaire classée.

Un accident, vraiment ?
 
Pour Ashraf et Aurélien, les deux rescapés que nous avons rencontrés, il ne s’agit pourtant pas d’un accident. Leurs témoignages se recoupent alors qu’ils n’avaient pas encore eu l’occasion de se parler. Ashraf, dans une chambre de l’hôpital Roger Salengro où il est encore en observation pour quelques jours, revient sur les faits : « C’est allé hyper vite, entre trois et cinq minutes. On était assis dans la cité, ils sont entrés à six en uniformes avec leurs matraques. Ils ont couru vers nous, ils voulaient nous attraper. On a eu peur et on est partis en courant ». « Ils », ce sont les nouvelles unités de la police nationales déployées en grand nombre dans le quartier depuis septembre, tout particulièrement autour de la cité Saint-Maurice et de la place Degeyter. Le résultat ? Un net regain de tensions entre jeunes et forces de l’ordre. « Depuis deux-trois semaines, c’est vraiment tendu dans le quartier. »
 
« On ne voulait pas se faire éclater encore une fois »
 
Pourquoi ont-ils eu peur ? « C’est ceux qui nous frappent tout le temps, pour rien, explique Aurélien, blessé au bassin et au visage et obligé de se déplacer en fauteuil roulant. Encore hier, ils ont frappé quelqu’un. On ne voulait pas se faire éclater encore une foisTu sais combien de fois je me suis fait frappé ? Tu sais comment ils m’appellent ? Par mon nom de famille. Ils nous connaissent très bien et c’est toujours la même histoire. La nationale, ils te lâchent seulement quand tu cries et tu pleures… » (…)

Entre temps, les familles des victimes de l’accident de TER à Lille reçoivent du soutien et décident de porter plainte. Une marche blanche est annoncée en hommage à Matisse et Selom.

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Le 21 décembre, le journal local La Voix du Nord titre « La présence de policiers à Lille-Fives avant le drame confirmée » Ce jour-là, une information judiciaire a été ouverte  pour « recherche des causes de la mort ». Perspicaces les journaux et l’institution judiciaire pour mettre à jour une version qui en taisait une autre : celle de la violence policière dans son fonctionnement même… Le 22 et 23 décembre à Lille, sont inhumés les corps de Selom et Mathis par leurs familles et avec le soutien des proches et du quartier. Dans la même veine, le 24 décembre, Le journal Le Parisien titre dans la rubrique « faits divers » : Lille : fauchés par un TER après une course-poursuite avec la police ?

Pendant qu’il y en a qui posent encore la question de la présence ou non d’une unité policière ce soir-là, et de sa responsabilité dans l’accident… Tout notre soutien va à un quartier entier disant sa tristesse et sa colère contre l’institution policière et sa fabrique de violences. Nous entendons la peur que peut ressentir quelqu’un lors d’un déploiement policier dans son quartier, notamment quand celui-ci est fréquemment géré de manière quadrillé et militarisé. Nous entendons la peur que peuvent ressentir les témoins de ces violences de la part de policiers et comprenons qu’ils n’osent ou ne veulent pas témoigner dans ces lieux d’où sortent ces mêmes policiers… La peur qui est l’outil de cet arsenal policier et judiciaire…. A nous de relayer les versions les plus évidentes : encore des tués suite à des interventions policières… La police tue quand elle ne se contente pas de blesser.

Suite à la réunion avec les familles et leurs soutiens du 26 décembre, une marche a étée organisée le samedi 13 janvier, départ 15h place Degeyter et a rassemblé plus de 500 personnes. 

 

 

Fin d’année 2017 et toujours autant de tués entre les mains de policiers, toujours pas de justice…

  • 18 novembre 2017 : Interdiction du rassemblement en hommage à Wissam ( Clermont-Ferrand)

Le 18 novembre, aurait du avoir lieu un rassemblement à Clermont-Ferrand en souvenir et hommage à Wissam El Yamni, tué 6 ans plus tôt lors d’une opération policière. Ce rassemblement organisé par la famille de Wissam et le collectif Justice pour Wissam était autorisé par la municipalité, et avec l’accord de celle-ci, un arbre devait être planté et une stèle érigée. Ce rassemblement a été interdit par la Préfecture du Puy-De-Dôme suite à la pression et la mobilisation de 3 syndicats policiers…

Pour rappel, après plus de cinq ans de procédures, d’expertises et de contre-expertises, l’instruction n’est toujours pas bouclée. Les deux policiers mis en cause dans la mort de Wissam sont passés du statut de mis en examen à celui de témoins assistés en 2015… Cela ne vous rappelle rien?

> Un entretien avec Farid, le frère de Wissam qui revient sur cette interdiction ici.  ( Source : Politis )

> Article en lien à lire : « Pourquoi l’interdiction du rassemblement en hommage à Wissam El Yamni est inquiétante » ( Source : lautrequotidien, 1er décembre 2017 )

> Le Blog Justice pour Wissam à suivre –> http://www.justicepourwissam.com/

  • En revanche, ce même jour, 18 novembre, à Sarcelle, nous apprenons dans les journaux qu’un policier tue 3 personnes avec son arme de service, en blesse trois autres, avant de se donner la mort…

  • Semaine du 20 novembre 2017 : 3 jeunes morts suite à des interventions policières (Source: Révolution Permanente )

    Joail, percuté par un train alors qu’il fuyait un contrôle de police : un nouveau Zyed et Bouna

    Il y a une semaine, le 21 novembre, Joail, 19 ans, aurait été percuté par un TER dans l’agglomération de Vienne (Isère). Il est mort sur le coup. D’après l’avocat, après avoir arrêté le jeune homme sur un quad, les policiers municipaux auraient dégradé l’engin. Quand Joail revient chercher son bien, la police municipale cherche à l’appréhender et commence à lui courir après sans raisons. Evidemment, depuis, même si une information judiciaire a été ouverte, les policiers qui ont poursuivis Joail jusqu’aux abords de la ligne de la TER n’ont jamais été confondus. Les seuls visés par la répression sont les jeunes du quartier de Joail qui ont eu le malheur de laisser exprimer leur haine vis-à-vis de ces meurtres policiers qu’ils connaissent trop. Si les policiers municipaux sont en totale liberté, le Parquet de Vienne n’a dit qu’une chose : « qu’il souhaitait que très forte réquisitions soient prises pour réprimer ces agissements ». Quelques mois de prisons pour des poubelles brûlées, totale liberté pour les policiers incriminés.

24232042_1704008749650088_5755211500697928904_n Justice & Vérité pour Joail

Nicolas, tué par balle au terme d’une course poursuite à Thonon

Même jour que Joail, à 200km de là : Nicolas, 21 ans, du quartier de Collonges à Thonon-les-Bains, est tué dans le dos par balles par la BAC au terme d’une course poursuite. Lui et son frère auraient refusé un énième contrôle d’identité. La police tire sur le véhicule, et tue le jeune originaire du Congo, qui attendait depuis des mois que la procédure pour le passeport aboutisse. Tout le monde dans la cité s’accorde : « ce n’était ni un voyou, ni un terroriste » dénonce sa mère. Encore une fois, la réponse de la police fut immédiate : 50 CRS dans le quartier pour « sécuriser » la ville. Dans ce contexte, l’IGPN a été obligé d’ouvrir une enquête, étant donné le coup de feu létal, tandis que la PJ d’Annecy a lancé une procédure pour tentative d’homicide pour personne dépositaire de l’autorité publique… Face à ces enquêtes, la famille a lancé sur sa page facebook « Justice pour Nico » un appel à témoin pour ne pas laisser les flics imposer leur récit de ce meurtre. Une marche blanche en hommage à Nicolas a eu lieu samedi 02 décembre. Rappelons que son frère Costa le seul à pouvoir témoigner se retrouve incarcéré. Un processus bien connu, pression sur la famille afin d’éviter toute contestation possible.
Solidarité avec la famille de Nicolas.

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Massar, mort asphyxié à Gare du Nord

Le lendemain de ces deux drames précédents, c’est Massar qui décède dans une chambre d’hôpital après 13 jours de coma. Deux semaine avant, à Paris, gare du nord, Massar, 20 ans, se retrouve face à un énième contrôle d’identité. Le jeune homme, surpris en train de vendre de la drogue aurait avalé les pochons de crack en sa possession avant de fuir. Les agents le rattrapent et, plutôt que d’appeler les urgences, les policiers ; disent-ils, « se mettent à plusieurs sur lui pour l’immobiliser et lui faire recracher ». Le jeune homme tombe dans le coma. Le SAMU de Lariboisières, en face de la gare, le prend en charge ; le diagnostic est sans appel : encaphalopathie post-anoxique, c’est à dire des lésions cérébrales importantes dues à un manque d’oxygène. En clair, c’est l’asphyxie qui a causé l’état de coma dont le jeune homme ne se réveillera jamais. Les médecins qui ont retiré les pochons de son organisme n’ont détecté aucune présence de drogue dans le sang. C’est donc les policiers qui l’ont tué, l’écrasant à plusieurs, comme Adama Traoré dans la gendarmerie de Beaumont-sur-Oise.

23755402_404866996595784_3597755637218484523_nUne cagnotte a été mise en ligne sur ce lien en soutien à la famille de Massar pour l’aider à alléger les frais d’obsèques. Justice pour Massar

  • 22 novembre 2017, nouvelle victime des policiers lors de son expulsion [VIOLENCES POLICIÈRES – POLITIQUES MIGRATOIRES]

    « A toi,l’anonyme, à vous qui êtes là  »
    Un homme est mort assassiné ce 22 novembre 2017.
    Etranglé par la police danoise dans un avion Air France, c’est un homme sans nom.
    Mort parce qu’étranger.
    Ce meurtre est l’aboutissement d’un processus bureaucratique et méticuleux de déportation.
    Aussi, les mains gantées des 3 flics qui l’ont étouffé n’arrivent qu’en conclusion d’actes banals et procéduriers résumés dans des noms neutres et neutralisés, dans des sigles : Dublin. CRA « Rendez-vous en préfecture ».
    Des actes, des mots et des expressions racistes, coloniales employées par trop d’ hommes politiques, de journalistes, d’ associatifs.ves.
    Des actes, des mots, des expressions qui préparent les meurtres, les préméditant chaque fois qu’ ils et elles disent, ou sous entendent: « seuil de tolérance », « misère du monde » « intégration » ou « guerre contre le terrorisme. »
    Un homme seul a encore été tué parce qu’il était Sans Papiers.
    Nous demandons que le corps soit rendu à la famille.
    C’était l’ un des nôtres même si nous ne le connaissons pas.
    L’anonymat ne change rien à notre rage.Nous donnerons un sens à cette mort malgré l’absence de nom.
    Pour nous, ce ne sera jamais une statistique fut-elle de « violences policières. »
    Nous avons appris sa mort vendredi dernier, la veille de la tentative d’une déportation d’un autre homme, vers le Soudan cette fois. Certain.es d’ entre nous sont alors parti.es pour l’ aéroport Charles de Gaulle pour l’empêcher avec succès. Ils et elles ont appris qu’un autre homme était déporté à bord du même vol pour le Bangladesh.
    Ils et elles savaient comme tout le monde qu’en France, en Europe, il est parfaitement légal et légitime qu’on frappe, qu’on bâillonne, qu’on étrangle, qu’on drogue les immigré.es qu’on expulse.
    Comme le disent celles et ceux qui souhaitent tuer une seconde fois par des palabres qui taisent la violence des gestes, se «soustraire à une mesure d’éloignement », c’est s’exposer.
    Semira Adamu, Getu Hagos, Abdelhak Goradia, et tant d’autres ont été tué.es parce qu’ils et elles se sont opposé.es en criant,en se débattant. (…)  » Poste en entier ici publié par le Collectif Justice pour Babacar Gueye

Il aura donc fallu 8 ans, 8 ans de combat pour la familleles et ses soutiens, pour que l’Etat Français soit condamné suite à l’avis de la CEDH reconnaissant un « traitement inhumain » dans une affaire de tué lors d’une opération policière…

Sinon, on dirait que pour les autres victimes des pratiques policières, pour les familles qui ne mènent pas le combat judiciaire jusqu’à la CEDH, « circulez il n’y a rien à voir! Séchez vos larmes et bouclez les dossiers avant qu’ils ne provoquent de nouvelles colères… Oubliez vos morts… Ou espérez que nos institutions reconnaissent leurs tords… »

Qu’ils ne comptent pas sur nous pour rester les bras croisés à appeler au calme tant qu’ils continuent de tuer et d’être couverts!

  • Nous n’oublions pas non-plus qu’il y a déjà 1 an, c’était le 23 novembre, Bagui Traoré, 25 ans, et Youssouf Traoré, 19 ans,étaient interpellés spectaculairement au petit matin

    (le premier à l’arrivée sur son lieu de travail, le second chez lui), puis placés en détention provisoire jusqu’à leur procès prévu le 14 décembre. Ces deux frères de Adama étaient en fait accusés par six policie.ère.rs municipaux de l’intégralité des plaintes qu’ils et elles avaient initialement déposées contre X après la dispersion du 17 novembre. ( Le procès a démontré finalement que les deux blessures subies par les forces de l’ordre ce soir-là avaient été auto-infligées : un premier policier a reçu une partie du gaz issu de l’activation malheureuse de l’aérosol, un autre s’est fait mordre par son chien.) Entre temps, le 24 mars, c’est le troisième frère de Adama, Yacouba Traoré qui est envoyé en prison. Il a écopé de dix-huit mois de prison ferme pour un coup de poing donné à un ancien co-détenu d’Adama qui s’était répandu en diffamation contre ce dernier.

Un an et demi après le décès de Adama Traoré, ceux qui l’ont asphyxié ne sont donc toujours pas jugés, ni condamnés. En revanche, deux frères de la victime sont sous les barreaux, et trois nouveaux procès se préparent, chaque fois pour des accusations liées aux suites directes des mensonges et injustices concernant ce meurtre. La famille Traoré fait face également à des milliers d’euros d’amende.

Le plaquage ventral, responsable de trop nombreuses morts (dont celle de Lamine Dieng, écrasé par sept policiers et pour laquelle la cour de cassation a confirmé le non-lieu le 28 juin dernier), est toujours une technique enseignée et pratiquée au quotidien par les forces de l’ordre.

Source: Mediapart : Une affaire d’Etat : l’acharnement continue contre la famille Traoré

Pour soutenir la famille Traoré et son comité,  allez sur le blog –> Justice pour Adama

  • Enfin, nous signalons qu’Antonin Bernanos, le jeune homme accusé dans le cadre de l’affaire « de la voiture brûlée » et qui avait subi des mois d’emprisonnement et un acharnement judiciaire alors qu’aucune preuve sérieuse n’était à charge contre lui, a été une fois de plus brutalement arrêté à son domicile ce lundi 05 décembre sous des prétextes fallacieux. Cette pression est intolérable! Tout notre soutien à sa famille dont le communiqué est trouvable ici sur la page facebook Libérons-les.

 

De quelle justice parle-t-on?

Qui nous protège de la police?

Légitime défiance!

Rémi, ni oubli ni pardon

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Rémi Fraisse, tué par une grenade offensive tirée par un gendarme la nuit du 25 au 26 octobre en 2014 à Sivens,  où se tenait un rassemblement d’opposants au projet de construction d’un barrage sur un affluent du Tarn. C’était jour pour jour 2 mois après le meurtre de Hocine Bouras à Colmar, tué d’une balle dans la tête par un gendarme alors qu’il était menotté, et en situation de transfert.

Ni oubli, Ni pardon!

En juin dernier, le procureur de Toulouse demandait qu’il soit mis fin, par une décision de non-lieu, à la recherche des responsabilités en cause dans la mort de Rémi…

Non-lieu…Non-lieu…Non-lieu…

Comme un relent d’insultes post-mortem qui revient dans chaque cas d’affaires de personnes tuées par la police…

Une pétition adressée à la ministre de la justice est en ligne sur ce lien –> https://www.change.org/p/justice-pour-remi-fraisse « afin d’empêcher la commission d’un honteux déni de justice et pour que les responsables de la mort de Rémi Fraisse aient à répondre de leur acte et décisions aux conséquences meurtrières devant la juridiction compétente »

Tout notre soutien à la famille, aux proches, et aux personnes mobilisées, pour que cela n’arrive plus. Stop au permis de tuer!

 

Le combat continue!

Fresque réalisée lors du weekend  » Mohamed Ali « du 06 au 08 octobre 2017 à Ivry-sur-Seine22309053_10213273201336136_6219604989029640836_n

Pour continuer de soutenir les collectifs et familles mobilisées contre les meurtres et violences commis par des policiers, faisons tourner les informations et continuons de nous entraider et de soutenir les mobilisations. Restons actifs et actives, et n’oublions pas d’alimenter les cagnottes mises en ligne en attendant de se retrouver dans de prochains événements : 

  • Vérité pour Yacine  Jeune homme de 24 ans, Yacine Ben Kalhal a été retrouvé mort dans une cave le 14 septembre 2017 à Aulnay-Sous-Bois. La famille exige à la Justice les meilleures conditions pour connaître la vérité, et dénonce une enquête bâclée, qui déclare Yacine « mort d’overdose », alors qu’ « Il a été retrouvé face contre terre, pantalon baissé jusqu’aux cuisses. Il a des traces sur le torse, sur le haut des genoux et sur les mains ». La famille de Yacine a porté plainte contre X pour homicide. Deux semaines après les faits, 300 personnes se sont réunies à Aulnay en soutien à la famille, et d’autres rassemblements ont eu lieu devant le Tribunal de Bobigny début octobre. Une cagnotte a aussi été créée :  https://www.leetchi.com/c/solidarite-de-bilel-ben-kahla Une mobilisation est appelée pour le 15 OCTOBRE à 15H devant LE GALION. Courage à la famille!

 

Rappelons que deux des gendarmes impliqués dans la mort de Angelo Garand ont été mis en examen à la fin du mois de septembre grâce à la solidarité qui a déjà permis à la famille de se constituer parties civiles par l’intermédiaire d’un avocat. Nous savons que la procédure ne fait que commencer, elle s’annonce longue et coûteuse.

 

  • Le site officiel du Comité La Vérité pour Adama est maintenant en ligne –> www.justicepouradama.com/  et a mis en place une cagnotte, car rappelons que « la famille Traoré subit un acharnement inédit depuis la mort d’Adama Traoré entre les mains de la gendarmerie. Depuis le 19 juillet 2016, la répression atteint un stade inacceptable pour nous tous. Il y a eu trois frères d’Adama en prison depuis le début de la mobilisation pour la Vérité et la Justice !Parmi eux, deux sont toujours en prison, Bagui Traoré et Yacouba Traoré, ainsi que de nombreux soutiens. Une guerre est déclarée à cette famille, ils ont besoin de vous ! L’objectif de cet acharnement est d’épuiser financièrement le Comité qui est entièrement financé par vos dons. »

 

  • Solidarité avec le collectif Vies Volées. Dix ans après la mort de Lamine Dieng entre les mains de la police, et suite à un non-lieu prononcé en 2014 puis confirmé en 2015, la Cour de cassation vient elle aussi de confirmer le non-lieu. La famille n’a désormais plus aucun recours en France, et envisage de saisir la Cour européenne des droits de l’homme. Ces dix ans de combat et de procédure ainsi que l’organisation de la journée de commémoration des dix ans de la mort de Lamine ont engendré de nombreux frais. Vies volées en appelle à la solidarité de toutes et tous afin d’aider la famille Dieng à y faire face.Un pot commun reste en ligne. En soutien au collectif Vies Volées, l’association Libre Lucha a aussi créé et mis en vente un tchirt disponible sur le site de Bboykonsian.

 

 

  • En Alsace, n’hésitez pas à nous contacter pour continuer de soutenir notre collectif Vérité et Justice pour Hocine Bouras. Nous avons toujours des Tchirt à vendre, ainsi qu’une cagnotte en ligne afin de faire connaître notre combat, aider la famille dans les frais judiciaires engagés, nous permettre d’impulser de nouvelles actions locales, et continuer la mobilisation contre le Permis de Tuer. Nous ne comptons pas rester inactifs et inactives en attendant la réponse de la Cour de Cassation, et continuons d’êtres solidaires des autres collectifs et familles en lutte contre la violence raciste et policière!

Notre détermination reste intacte! Le combat continue!