Des films qui racontent nos histoires…

Page de soutien a la mémoire d’Ismael Azzedine Abdelkaker assassiné et retrouvé dans le jardin d’un gendarme en Alsace. 😤
Bien entendu comme d’habitude les accusés ont eu un non lieu, 🙏merci de partager cette page afin de soutenir et faire connaitre cette affaire. 
#PasDeJustice #PasDePaix
🙏 Cagnotte pour soutenir la famille ⬇️⬇️⬇️⬇️⬇️⬇️⬇️
https://www.leetchi.com/c/justice-pour-ismael

27 octobre 2005 : Bouna et Zyed meurent dans un transformateur électrique en tentant d’échapper à un contrôle d’identité. Cet événement a été l’un des éléments déclencheur des « Révoltes des Banlieues » de 2005. YA « R »» est une fiction retraçant les dernières heures de la vie de ces deux adolescents avant le drame.

10 ans après cette tragédie, le réalisateur Ibrahim Koudé a fait le triste constat que « rien n’a changé » en France. Il déclare même que la situation s’est empirée depuis « Charlie Hebdo ». 

À travers ce court-métrage, le réalisateur tente de remettre en question les dysfonctionnements de la société qui ont poussé à une telle tragédie. Selon lui, la mort de Zyed et Bouna est devenue le point de cristallisation d’un certain mal être français… 

Prix de la meilleure fiction EICAR 2017 Prix du jury et du public Génération Court 2017 Short Film Corner au Festival de Cannes 2017 Urban Films Festival 2017 Festival CINEMED à Montpellier 2017 Festival Cinébanlieue 2017 Festival du Film Panafricain de Cannes 2018

  •  Dire à Lamine

#OnABesoinDeVous #DiffusionDireALamine
#LaPoliceTue #ViesVolées #LamineDieng
Notre film « Dire à Lamine » est fini depuis cet été. Désormais, il faut absolument qu’il circule ! On fait appel à vous pour que s’opère la magie du collectif, pour que vous organisiez des projections, alliez déranger vos salles de projection locales, bref pour que vous retourniez la terre entière et qu’un maximum de monde puisse voir ce film ! Pour Lamine Dieng, pour sa famille et pour le collectif Vies volées. C’est un film qui parle de Lamine, de 10 ans d’absence, de 10 années de lutte, de vie volées.Comment vit-on avec l’injustice? Avec la double blessure du crime et de l’absence de procès? Comment continue-t-on d’exister, de lutter, de résister? Que faire face à l’impossibilité d’obtenir justice? Autour d’interviews, d’images d’archives, des membres de la famille et des soutiens racontent. Souvenirs, méditation politique, mises en perspective, analyses historiques se succèdent.
La diffusion de ce film partout où il peut être compris (il sera sous-titré en anglais d’ici 2 mois au plus tard) ne se fera pas sans vous. Contactez-nous à l’adresse laminelefilm@cases-rebelles.org
On vous annonce prochainement les dates de projection à venir, mais on vous le répète encore on a besoin de vous pour que le film soit vu autant que possible.
On compte sur vous. Partagez un maximum !
Force et amour !
Le collectif Cases Rebelles
PS : on oublie pas les contributeurICES, y a des choses qui arrivent bientôt !

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Film documentaire (56 min)

Réalisation : Sabrina T. 

Wissam El-Yamni est décédé suite à une interpellation le 1er janvier 2012 à Clermont-Ferrand, Morad Touat est décédé le 5 avril 2014 à Marseille suite a une interpellation le 1er avril 2014.

Ces familles s’organisent avec dignité et courage pour faire la vérité sur les décès de leurs proches. Elles ne sont pas les seules dans ce cas. Chaque année en France, entre 10 et 15 personnes non-armées meurent pendant ou suite à une interpellation par les forces de l’ordre.

Les différents groupes organisés historiquement autour de la lutte contre les crimes et les violences policières démontrent la continuité de cette situation depuis les années 60 jusqu’à aujourd’hui.

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  • Qui a tué Ali Ziri? de Luc Decaster

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  • « Que vaut la vie de Youssef ? – Nous sommes tous Youssef », 60 mn, co-production avec leMIB, Zaléa TV. 2001
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Ils ont beaucoup tué cet été : liste des morts et blessés impliquant la police en Ile de France

La hausse des tirs policiers s’est confirmée cet été. Il n’y a pas eu une semaine sans que l’on voie passer un article parlant d’un homme mort ou dans le coma suite à une intervention policière. Et comme souvent l’Île-de-France est en tête des exactions de la police républicaine. Petit rappel de toutes les affaires éclaboussant cette charmante institution pendant l’été 2018.

Article pà lire en entier sur Paris-Lutte.info ici

14 juillet

31 juillet

08, 14, 21, 27 août…

+ le 30 août à Gaillargues (Gard)

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4 ans déjà, ni oubli ni pardon

Hommage à Hocine
Hommage à toutes les victimes

Quelques images de soutien pour le Collectif Vérité et Justice pour Hocine Bouras parvenues depuis cet été

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Action Antifasciste Mulhouse Haut-Rhin ( AFA MHR)

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Photo envoyée depuis la Bretagne

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Dessin réalisé par IMHO le 26 août 2018 à l’occasion de l’anniversaire des 4 ans de la perte de Hocine

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Dessin réalisé par Iza ( Alsace, Sans terre fixe) pour la maman de Hocine, et toutes les autres mamans en lutte contre l’injustice

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Merci à tous.tes pour votre soutien et ces belles images de mémoire et d’espoir. Le collectif sera présent à Mulhouse, au Motoco ce samedi 22 septembre avec d’autres stands lors du Cité’Ska Festival pour récolter des fonds de soutien en vue de la procédure entamée à la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) et pour continuer de faire connaître et entendre cette histoire de Hocine, et celle de la hoggra policière.

Des images de soutien parvenues depuis cet été

26 août 2014 – 2018 : Hocine Bouras toujours là

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La famille de Hocine Bouras se pourvoit actuellement à la Cour Européenne des Droits de l’Homme après avoir essuyé successivement des Non-lieux durant ces dernières années ( le dernier à la Cour de Cassation rendu en janvier de cette année) Elle continue de rassembler des fonds financiers pour couvrir les frais d’avocats qui restent élevés et pressants. Au sujet de la CEDH, voir l’article posté sur ce blog qui revient sur l’actualité de cette instance concernant les meurtres datant de 2008 commis par des policiers / gendarmes : « Verdicts de la CEDH 10 ans après…«
Le 26 août 2018, cela fera déjà exactement 4 années que Hocine a perdu la vie… Nous ne l’oublions pas, et le nombre de tué.e.s par les policiers et gendarmes qui continue de s’allonger depuis cet événement, comme les répressions envers des personnes proches de victimes et /ou investies sur ces questions continue de nourrir de la rage au milieu du chagrin.
« Des crimes policiers, aux bavures policières, il faut que ça cesse! »
Le combat est loin d’être terminé, et nous comptons rester solidaires auprès des autres familles et collectifs en lutte pour la Vérité et la Justice malgré les distances géographiques qui rendent parfois ce soutien difficile. Nous voulons continuer de partager de la force et du sourire dans les rencontres.

 

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Images du concert de soutien pour la famille de Hocine à Strasbourg 30 juin 2018

 

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http://lenvolee.net/

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Un mot de Fatiha, la maman de Hocine : « Une mère ne baisse pas les bras. quand sagie de son fils qui était tué injustement mennottes d’une balle en plain la tête 🤕 sur l’autoroute allah yahmek mon fils le combat continu »

Communiqué d’après-concert de l’AFA Strasbourg : « Le sourire d’une mère qui ne lâche pas le combat : celle de Hocine!

Il y a des artistes qui mériteraient des salles pleines, mais qui viennent dans l’ombre épauler des peines, et partager de manière chantante, des rages et luttes vivantes : contre le Permis de Tuer, la société de consommation, carcérale et sécuritaire toujours raciste et individualiste!

Merci aux soutiens présent.e.s et investi.e.s à nos côtés dans cette dernière soirée de l’été au CAJ Molodoï, et surtout aux artistes qui ne lâchent pas la famille et ont assuré le concert en venant de Serbie, de Colmar, Nancy, et Lyon ainsi que de la Zad du Moulin.

Hommage à Hocine
Hommage à toutes les victimes
#PasDeJusticePasDePaix »

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Quelques jours après ce concert…

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Nantes, le Breil, 5 juillet.
Page de soutien facebook –> Vérité et justice pour Aboubakar
–> Cagnotte de soutien pour les frais d’obsèques à la famille de Aboubakar Fofona <–

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La famille de Hocine Bouras se pourvoit actuellement à la Cour Européenne des Droits de l’Homme après avoir essuyé successivement des Non-lieux durant ces dernières années ( le dernier à la Cour de Cassation rendu en janvier de cette année) Elle continue de rassembler des fonds financiers pour couvrir les frais d’avocats qui restent élevés et pressants. Au sujet de la CEDH, voir l’article posté sur ce blog qui revient sur l’actualité de cette instance concernant les meurtres datant de 2008 commis par des policiers / gendarmes : « Verdicts de la CEDH 10 ans après…«
Le 26 août 2018, cela fera déjà exactement 4 années que Hocine a perdu la vie… Nous ne l’oublions pas, et le nombre de tué.e.s par les policiers et gendarmes qui continue de s’allonger depuis cet événement, comme les répressions envers des personnes proches de victimes et /ou investies sur ces questions continue de nourrir de la rage au milieu du chagrin.
« Des crimes policiers, aux bavures policières, il faut que ça cesse! « 
Le combat est loin d’être terminé, et nous comptons rester solidaires auprès des autres familles et collectifs en lutte pour la Vérité et la Justice malgré les distances géographiques qui rendent parfois ce soutien difficile. Nous voulons continuer de partager de la force et du sourire dans les rencontres.

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Concert de soutien à Strasbourg le 30 juin 2018

Verdicts de la CEDH 10 ans après…

Juin 2018 : La CEDH condamne la France pour les meurtres commis par ses policiers et gendarmes dans 2 affaires datant de 2008. Il aura fallu 10 années de combat acharné et coûteux pour qu’une instance officielle les reconnaisse…

21 juin 2018 : Argenteuil- Mort d’Ali Ziri : La France condamnée par la Cour européenne des droits de l’homme

La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a condamné ce jeudi 21 juin la France pour « négligence » dans le décès de cet Algérien de 69 ans, mort en 2009 à la suite d’une interpellation policière. 

L’Etat devra verser 30 000 € « pour dommage moral », auxquels s’ajoutent 7 500 € « pour frais et dépens » à la fille d’Ali Ziri, Annissa Semache. C’est elle qui avait saisi la CEDH en juin 2016.

Le sexagénaire avait été interpellé le 9 juin 2009, à bord d’un véhicule conduit par un ami. Les deux hommes, alcoolisés, avaient été placés en garde à vue au commissariat d’Argenteuil. Ali Ziri tombera dans le coma et décédera deux jours plus tard, à l’hôpital.

Alors qu’une première autopsie avait imputé son décès à des problèmes cardiaques et à l’alcoolémie, une contre-expertise avait révélé la présence de plus de vingt hématomes, dont certains larges de 17 cm.

Nadir Dendoune in Le Courrier de l’Atlas]

Argenteuil, 21 juin 2018.

Communiqué de presse du Collectif Vérité et Justice pour Ali Ziri.

Un Algérien de 69 ans, tué par la police française à Argenteuil en 2009.

La Cour Européenne des Droits de l’Homme condamne la France, 9 ans après.

L’arrêt de la CEDH publié le 21 juin 2018, condamne l’Etat Français pour « négligence » dans la mort de Monsieur Ali Ziri, suite à son interpellation par la Police Nationale à Argenteuil, le 9 juin 2009. Cette condamnation est une victoire de notre combat pour la justice, actant l’évidence de la responsabilité policière dans le processus mortel de Monsieur Ziri, que beaucoup considèrent comme un lynchage.

La Cour Européenne condamne « l’attitude générale et le comportement des policiers », du commissariat d’Argenteuil, et déclare que « l’article 2 de la Convention européenne des droits de l’homme (qui garantit le droit à la vie) a été violé », ce qui acte en langage courant, que les policiers ont causé la mort de Monsieur Ziri par le pliage asphyxiant subi pendant de longues minutes dans le véhicule de police, alors qu’il était menotté dans le dos, et ensuite par son abandon sur le sol du commissariat. Rappelons qu’interpellé à 20h 35, il ne fut emmené à l’hôpital qu’après 22 h., et constaté en arrêt cardiaque à 22h. 45 par un médecin, alors que les 2 policiers qui l’accompagnaient « n’ayant pas de connaissances médicales pouvaient penser qu’il dormait ».

La Cour Européenne inflige un désaveu cinglant à la justice française qui par 4 non-lieux successifs a couvert cette « négligence » de la vie de Monsieur Ziri. Elle relève que « le juge d’instruction n’a pas lui-même réalisé les actes d’enquête, confiant les interrogatoires des agents en cause et des témoins à l’IGPN ». En effet les juges n’ont entendu ni les policiers interpellateurs, ni les témoins, ils n’ont pas visionné la video de l’arrivée au commissariat, pas non plus organisé de reconstitution !

Pour la famille et Collectif Vérité et Justice pour Ali Ziri, le verdict de Cour Européenne est une réparation après les années de déni de justice de la France. Cependant il n’éteint ni la souffrance, ni l’indignation profonde, ni le sentiment de révolte, que des vies puissent être « négligées » en France, en l’occurrence celle d’un « chibani », comme le sont aux Etats-Unis celles « qui ne comptent pas ».

Le combat continue contre le racisme, pour une société juste, fraternelle, de droits égaux pour tous et toutes, avec l’ensemble des collectifs de défense des victimes de violences policières et toutes « les petites gens », qui n’ont pas « lâché l’affaire », face aux empêchements des gouvernants successifs pour l’étouffer.

 

Tir mortel d’un gendarme en 2008 : la France condamnée

La Cour européenne des droits de l’homme considère que l’auteur des faits aurait dû être poursuivi par la justice.

LE MONDE |  • Mis à jour le  |Par Jean-Baptiste Jacquin

(…) « La Cour de Strasbourg juge que la France a violé l’article 2, sur « le droit à la vie », de la Convention européenne des droits de l’homme en affirmant que le recours à la force n’était pas « absolument nécessaire pour procéder à une arrestation régulière ». Elle condamne le gouvernement à verser 30 000 euros à chacun des deux parents de la victime au titre du préjudice moral.

Dans son arrêt du 7 juin, très détaillé, la Cour européenne ne nie pas les difficultés d’intervention des forces de sécurité lorsqu’il s’agit d’interpeller des personnes dans de telles circonstances, de nuit, avec une voiture qui fait des manœuvres dangereuses. Mais elle répond point par point aux arguments de Paris qui avaient emporté la conviction des juridictions françaises. « Un vrai camouflet pour la chambre criminelle de la Cour de cassation », commente Alain Monod, l’avocat de la famille.

Pas d’« absolue nécessité »

Les juges de Strasbourg relèvent d’abord que les deux derniers tirs du gendarme (dont l’un a été le coup mortel) ont été exécutés alors que la voiture était tellement éloignée que « les chances de toucher le moteur ou les pneus pour stopper le véhicule étaient pratiquement inexistantes » et que, par conséquent, « le risque était grand de blesser ou tuer certains occupants de la voiture ». Or le gendarme savait que la voiture comptait deux passagers, par définition non responsables des manœuvres du conducteur.

Pour examiner la légitimité du recours au feu, la CEDH intègre dans son raisonnement l’estimation de la dangerosité des occupants du véhicule. Or, ils « étaient soupçonnés d’atteintes aux biens et non d’atteintes aux personnes », et « il n’est aucunement allégué » qu’ils étaient armés, lit-on dans la décision. De plus, au moment du tir mortel, ni la vie ou l’intégrité physique du gendarme ni celles de ses collègues ou d’une autre personne ne « se trouvaient en péril ».

La Cour des droits de l’homme conclut que l’usage par le gendarme de son arme ne répondait pas à « une absolue nécessité » et n’était pas fait « de manière strictement proportionnée ». Elle se réjouit d’ailleurs dans sa décision de voir que ces deux critères centraux de sa jurisprudence ont été inscrits depuis dans le droit français. La loi du 28 février 2017 « relative à la sécurité publique » comporte un chapitre sur l’harmonisation des règles de l’usage d’une arme en situation de légitime défense par les policiers et les gendarmes. Il y est notamment écrit qu’ils ne peuvent faire usage de leur arme dans l’exercice de leurs fonctions qu’en cas « d’absolue nécessité et de manière strictement proportionnée ». » ( Article du journal Le Monde en intégralité ici ) *

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L’homme dont il est question dans cet article s’appelait Naguib Toubache, il avait 19 ans…  Respect pour sa famille et les soutiens qui n’ont pas lâché le combat avec l’Association Justice Pour Naguib durant les 10 dernières années qui viennent de s’écouler, de 2008 à 2018 ( Un autre article qui revient sur ces années de mobilisation est disponible ici). Cette nouvelle est importante pour nous, et pour les familles de victimes tuées par la main de l’Etat via sa police et/ou ses gendarmes. Aujourd’hui, la famille de Hocine Bouras mène elle aussi le combat à la CEDH après avoir essuyé les Non-lieux successifs rendus par la Justice ces dernières années.

Laissez-nous vous raconter une autre histoire arrivée quelques mois avant la mort de Naguib. En mai 2008, Joseph Guerdner, faisant partie de la communauté des Gens du Voyage, se trouve en garde-à-vue à la gendarmerie de Draguignan. Alors qu’il était menotté, ce dernier saute d’une fenêtre  à 4.60 m du sol avant de s’enfuir. Un gendarme lui tire dessus à plusieurs reprises, l’atteignant de trois balles dont une mortelle au thorax. Dans cette histoire encore, l’appareil judiciaire délivre des successions de non-lieux. La famille reste mobilisée et mène le combat de manière acharnée. La maman de Joseph observera même une grève de la faim. Le 17 avril 2014, la CEDH condamne la France : d’autres possibilités d’actions s’offraient aux gendarmes, et entravé comme il l’était, « Joseph ne pouvait représenter de menace immédiate pour la vie ou l’intégrité physique » de qui que ce soit.

Pourtant 4 mois après l’annonce de ce verdict, Hocine Bouras était tué d’une balle dans la tête par un gendarme alors qu’il se trouvait lui aussi menotté et en situation de transfert… ** Et quelques mois après la mort de Joseph Guerdner, Ali Ziri, 69 ans, décédait après avoir passé des heures  en garde-à-vue menotté, après avoir essuyé des coups et subi une technique d’immobilisation appelée le « pliage », tout cela à la suite d’un banal contrôle routier… Successions de Non-lieux, dont le dernier en date du 16 février 2016. La famille avec le Collectif Vérité et Justice pour Ali Ziri se pourvoit aussi actuellement en CEDH et avait dernièrement organisé le 09 juin 2018 un hommage pour la 9e année de commémoration à Argenteuil sur le lieu de l’interpellation. [MAJ : La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a condamné ce jeudi 21 juin la France pour « négligence » dans le décès de cet Algérien de 69 ans, mort en 2009 à la suite d’une interpellation policière. ]

Il y a des vérités qui doivent être dites et/ou rappelées, il y a des combats qui doivent continuer d’être menés et soutenus, il y a des noms et des histoires qu’il ne faudrait pas oublier pour ne pas voir encore la liste des victimes du bras armé de l’Etat s’allonger au nom de l’ « Ordre » et de la « Sécurité ». Aujourd’hui encore, en France comme ailleurs, il y a des vies volées par le corps policier. Nous voulons que cela s’arrête. Nous partageons des deuils et des colères, mais aussi de la force et du courage, car il en faut dans ces épreuves provoquées par la perte d’un proche, surtout dans ces conditions de déni des responsabilités de la part des autorités en uniforme et des institutions qui les encadrent. Une chose est sure, nous ne voulons plus taire ni laisser faire des pratiques policières et des politiques racistes et meurtrières.

Hocine Bouras, Ali Ziri, et tous les autres, ni oubli, ni pardon!

Pas de Justice, pas de paix!

* Précisons que le gendarme qui a tué Naguib Toubache n’a jamais été condamné, mais que les deux autres personnes qui étaient dans le véhicule avec Naguib, dont le conducteur, ont étés condamnés à trois ans de prison pour vol de carburant et délit de fuite… Énième illustration d’une Justice à deux vitesse.

** Voir l’article « Les forces de l’ordre peuvent-elles tirer sur un fuyard? » écrit par G. Moréas publié le 04 septembre 2014 dans le journal Le Monde, quelques jours après le drame.

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